Violences conjugales : « On peut sauver la vie d’une femme avec des professionnels à l’écoute »

A l’heure où s’ouvre le Grenelle des violences conjugales, le Planning Familial insiste sur l'importance de la prévention grâce au dépistage des femmes à risque. Les explications de Sarah Durocher, membre du Planning Familial.

Isolement, incompréhension de l’entourage, difficulté à déposer plainte… Les femmes victimes de violences conjugales rencontrent de nombreux obstacles avant de pouvoir se faire entendre et comprendre. Sarah Durocher nous rappelle les principales missions du Planning Familial à leur égard.

  • Protéger les femmes victimes de violences conjugales

ITW Sarah Durocher : " A ce jour, les femmes victimes de violences conjugales ne sont pas protégées. C’est d’ailleurs ce qu’on voit dans les cas de féminicides. Parmi les 100 femmes qui ont perdu la vie depuis le début de l’année, nombreuses sont celles qui avaient entamé des démarches et porté plainte sans que cela ait pu éviter leur mort."

  • Dépister les femmes à risque

ITW Sarah Durocher : " Nous sommes tous concernés sur la question des violences. Le dépistage, c’est aussi la mission des médecins et des travailleurs sociaux… On pourrait par exemple au moment d’une consultation pour une grossesse ou un dépistage, poser la question aux femmes. " Est-ce que vous vovez une situation compliquée, comment va votre couple ?" Souvent on pense rentrer dans l’intimité des gens. Mais on peut aussi sauver la vie d’une femme en lui donnant des espaces et des professionnels à l’écoute."

  • Comment repérer et aider ? 

ITW Sarah Durocher : " Il y a plusieurs indicateurs : est-ce que la femme est isolée ? Est-ce qu’elle a des marques de violences physiques ? Et on peut simplement lui dire « je suis inquiet, j’ai vu que tu n’allais pas bien » et lui montrer qu’il est possible d’en parler. Dire « on peut en parler » c’est lever le tabou dans un espace privé. Ce n’est plus privé, ça nous concerne tous. Si vous entendez des cris chez votre voisine, le réflexe doit être aujourd’hui de se mobiliser et d’appeler la police."

  • Qu'attendre du Grenelle des violences conjugales ?

ITW Sarah Durocher : " C’est une des réponses mais ce n’est pas satisfaisant. On a besoin d’une vraie volonté politique. On veut un grenelle marqué par des actes forts, avec des réponses concrètes… Car aujourd’hui les disparités territoriales sont énormes selon où vous habitez. Certaines femmes bénéficient de structures d’aide et d’autres non. "

Si vous êtes victime de violences conjugales, 3919 numéro d’aide et d’écoute. 

 

Vous êtes à nouveau en ligne