Une campagne pour dénoncer la prolifération des dispositifs anti-SDF
Une campagne pour dénoncer la prolifération des dispositifs anti-SDF

Une campagne pour dénoncer la prolifération des dispositifs anti-SDF

La Fondation Abbé Pierre et Emmaüs Solidarité ont lancé ce 6 décembre une campagne visant à dénoncer les aménagements urbains qui empêchent les sans-abris de s'installer en ville, et leurs difficultés d'accéder à un logement.

Douche automatique, picots, plans inclinés : pour dénoncer les dispositifs urbains anti-SDF, la Fondation Abbé Pierre et Emmaüs Solidarité ont lancé une campagne de sensibilisation nationale.

Un site internet (soyonshumains.fr) a été créé, et un hashtag (#soyonshumains) lancé sur les réseaux sociaux,où chaque citoyen étant appelé à photographier et poster des photos de dispositifs anti-SDF pour les répertorier.

Des affiches ont également été apposées dans plusieurs sites concernées par la mise en place de mobiliers destinés à empêcher les sans-abris de s'installer.

Une action au coeur de Paris

Ainsi, ce 6 décembre, devant une agence de la banque LCL en plein coeur de Paris, une soixantaine de bénévoles ont collé des affiches sur les murs et les fenêtres, au propos explicite : "Au lieu d'empêcher les SDF de dormir ici, offrons-leur un logement décent ailleurs". Devant cet établissement, des picots empêchent quiconque de s'asseoir ou de s'allonger le long des fenêtres.

Deux autres lieux du très chic centre de la capitale ont été recouverts d'affiches : ici parce qu'une douche se déclenche dès qu'une personne sans badge franchit le porche d'un garage d'une copropriété, et là parce que des plans inclinés installés devant un bâtiment de la chambre du commerce et de l'industrie évitent aux passants de s'asseoir.

Bruno Morel, directeur d'Emmaüs Solidarité, explique que la campagne vise à alerter sur "l'état d'épuisement dans lequel les personnes arrivent dans les centres", dénonçant ces "insupportables" dispositifs urbains.

Une action similaire à Metz

A Metz également, des panneaux ont été collés sur des bancs, la devanture d'une banque, d'un magasin et d'un cinéma, par une quinzaine de militants de la Fondation.

Selon Véronique Etienne, directrice de la fondation Abbé Pierre dans le Grand Est, la ville de Metz compte plus de 8.000 logements vides. "On sait qu'il y a des moyens de capter des logements à des coûts accessibles à ces personnes. Il faut leur faire confiance".

"Des commerçants mettent de l'huile, de l'eau ou de la farine" pour dissuader les sans-abris de s'installer, a raconté un homme de 29 ans, qui a vécu une "bonne dizaine d'années dans la rue", tandis que bénévoles et salariés collaient des affichent sur les grilles d'une propriété privée.

avec AFP