Quelle prise en charge sanitaire pour les migrants à Calais ?

Depuis plusieurs semaines déjà, des associations humanitaires tirent la sonnette d’alarme sur les conditions sanitaires des quelque 4.000 personnes installées dans ce qu’on appelle "La jungle" de Calais - en réalité, un immense bidonville. Les ministres de l'Intérieur et de la Santé ont annoncé l'envoi sur place d'une mission médicale pour évaluer la situation.  

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et la ministre de la Santé, Marisol Touraine, viennent d'annoncer l’envoi, dès le 14 octobre 2015, à Calais, d'une mission médicale, chargée d’évaluer le dispositif actuellement déployé, "et, le cas échéant, de formuler des propositions pour l'améliorer." Ses conclusions sont attendues "sous huit jours". 

Depuis plusieurs semaines déjà, les associations humanitaires sur place tirent la sonnette d'alarme. C’est le cas de Médecins du monde, présente sur place depuis de longs mois. L'ONG, qui a mis en place des consultations médicales et de soutien psychologique, a installé un dispositif habituellement réservé aux situations de crise, d'urgence et de catastrophe.

"Ce qu'on appelle La Jungle de Calais, c'est un immense bidonville", raconte sa présidente, Françoise Sivignon. "Il y a de plus en plus de femmes et d'enfants. Tous vivent dans des conditions absolument indignes, avec des troubles respiratoires, toutes les maladies de la grande précarité. On attend clairement une réaction du gouvernement".

Quelle devrait être cette réaction ? Quelles mesures d’urgence faudrait-il mettre en place ? "L'Etat est en responsabilité de fournir la protection et l’accueil à ces migrants réfugiés", poursuit Françoise Sivignon. "Cela veut dire leur fournir un abri en dur - et non des tentes insalubres -, une protection parce qu’il y a des problèmes de sécurité, et aussi les orienter, leur donner des conseils et des informations sur le droit d’asile".

Certains sceptiques voient dans la pérennisation des secours aux migrants le risque de créer un appel d’air. Un argument que réfute avec force la présidente de Médecins du monde : "Tous ces gens migrent pour de bonnes raisons - une très grande pauvreté, des dangers dans leur pays d’origine, souvent zone de conflits… Tous ceux qui arrivent en Europe sont déjà des survivants. Il s'agit de ne pas l'oublier".

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