Les dons d'organes en baisse pour la première fois depuis huit ans en France

Une opération de greffe d\'organe. 
Une opération de greffe d'organe.  (LA VOIX DU NORD/ MAXPPP)

6 000 organes ont été greffés en 2018 selon l'Agence de biomédecine, c'est 5% de moins que l'année précédente. 

Les dons d'organes sont moins nombreux pour la première fois depuis huit ans en France. L'Agence de biomédecine constate une baisse de 5% en 2018. La France est repassée sous la barre des 6 000 organes greffés, issus de donneurs morts ou vivants, soit 325 greffes de moins que l'année précédente. Il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour ceux qui sont en attente de greffe. Paradoxalement, cela s'explique par une bonne nouvelle côté médecine. 

La conséquence d'une baisse du nombre de victimes d'AVC 

Cette baisse du don est liée à la baisse du nombre de mort par AVC. Les Français meurent moins d'accidents vasculaires cérébraux, or ce sont les morts par AVC, c'est-à-dire en état de mort encéphalique, qui traditionnellement sont les principaux donneurs d'organes, explique le professeur Olivier Bastien, directeur du prélèvement et de la greffe à l'Agence de la biomédecine. "Les accidents vasculaires-cérébraux ont bénéficié d'une organisation et d'une campagne de mobilisation très importante au niveau des urgences. Cela entraîné une prise en charge plus rapide et plus efficace, avec de nouvelles techniques. Et une baisse de la mortalité des accidents vasculaires-cérébraux en France d'environ 15%", avance-t-il.  "La baisse de la mortalité des AVC induit 50 prélèvements de donneurs décédés en moins. Ce qui peut paraître peu, mais chaque donneur pouvait donner trois organes, cela peut aboutir à 150 greffes de moins", conclut le médecin. 

De moins en moins de refus de dons 

Le nombre de refus de dons d'organes lui, n'est pas en cause. Il est même en baisse depuis la mise en place de nouvelles règles qui font de tout Français un donneur consentant. Pour refuser d'être donneur, il faut désormais s'inscrire, de son vivant, sur le registre des refus. 

Pour contrebalancer la baisse du nombre de donneurs par mort encéphalique, il existe une autre source de greffons : le protocole Maastricht 3. Il s'agit de personnes en fin de vie, qui meurent d'un arrêt cardiaque, suite à l'arrêt des soins. C'est une alternative, mais qui demande de gros moyens techniques aux hôpitaux, explique le professeur Olivier Bastien. "C'est une possibilité de dons qui nécessite des moyens médico-techniques avec en particulier des machines de perfusions pour réhabiliter les organes qui ont souffert d'un prélèvement lié à un arrêt cardiaque. La France s'est encadrée d'une procédure médico-technique qui est complexe", déplore-t-il. Aujourd'hui, seulement la moitié des CHU en France sont équipés de machines capables de gérer ces prélèvements et greffes.

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