La première greffe des mains a 20 ans

Le 13 janvier 2000, une équipe française réalisait pour la première fois au monde une double greffe des mains. 20 ans après, une dizaine d’interventions similaires ont été réalisées dans l’Hexagone.

Amputé des deux avant-bras après l’explosion d’une fusée artisanale, Denis Chatelier est le premier patient à avoir bénéficié d’une double greffe des mains, en janvier 2000. Cette prouesse a été réalisée par le Professeur Dubernard et son équipe au CHU de Lyon. S’il est possible de retrouver la motricité et la sensibilité des mains, les suites d’une telle intervention sont très lourdes pour le patient.

Un traitement antirejet à vie

Comme pour tout autre organe, la greffe des mains nécessite la prise d’un traitement antirejet à vie, aux nombreux effets secondaires. Malgré ce traitement, on ne peut pas connaître la durée de vie d’une greffe. « Le problème de rejet chronique existe pour tous les organes. On sait que l’espérance de vie d’un rein c’est autour de 10 ans. Il y a une attaque progressive et continue des vaisseaux qui se referment petit à petit, et il n’y a plus d’irrigation. Mais cette durée est très variable selon les patients… 20 ans après, Denis Chatelier va bien par exemple ! c’est un espoir » explique le Pr Laurent Lantieri, chirurgien plastique et reconstructeur à l’Hôpital européen Georges Pompidou.

20 ans après, de nombreux progrès techniques

20 ans après la première greffe, ces interventions ont beaucoup évolué notamment grâce à la modélisation 3D, qui permet de voir à l’avance où placer les plaques, où faire les coupes d’os, et permet ainsi de gagner beaucoup de temps au bloc opératoire. « Des efforts sont faits aussi pour améliorer le transport de greffon avec un transporteur d’oxygène, comme l’hémoglobine de vers marins. Ça permet de conserver l’organe, qu’il ne souffre pas d’une absence d’oxygène » ajoute le Pr Lantieri. Malheureusement, les traitements immunosuppresseurs n’ont pas encore connu d’innovation importante.

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