Isabelle Dinoire, première greffée du visage, est décédée en avril

Isabelle Dinoire, bénéficiaire de première greffe partielle de la face (réalisée à Amiens en 2005) est décédée le 22 avril dernier à l'âge de 49 ans, selon un communiqué du CHU d'Amiens. Le Pr Laurent Lantieri, spécialiste des greffes du visage, sera l'invité du Magazine de la santé ce mercredi 6 septembre pour discuter de ce cas.

Début 2005, Isabelle Dinoire, âgée de 38 ans, est défigurée par son chien. Quelques mois plus tard, à la fin du mois de novembre, l'équipe du Pr Devauchelle du CHU d'Amiens (en étroite collaboration avec le Pr Jean-Michel Dubernard de Lyon) réalise sur elle la première greffe du triangle nez-lèvres-menton.

Interrogée en 2012 par l'AFP, le Pr Devauchelle déclarait qu'Isabelle Dinoire "[menait] la vie la plus normale, hormis les comprimés qu'elle se doit de prendre et les visites qu'elle a de façon assez régulière." "Elle prend un traitement comme peut prendre quelqu'un à qui on a retiré la thyroïde ou un diabétique", ajoutait-il. Ce 6 septembre, dans un article annonçant son décès, Le Figaro observe que, pour les dix ans de l'intervention, "l'état de santé d'Isabelle Dinoire dissuade [les médecins] de communiquer [sur l'èvenement". Le quotidien note par ailleurs qu'en janvier 2016, Isabelle Dinoire "avait subi un nouveau rejet du greffon et avait perdu une partie de l'usage de ses lèvres".

Dans un communiqué, le CHU d'Amiens explique "[qu'en] accord avec la volonté de ses proches, aucun avis de décès n’avait [été] publié dans la presse [en avril], pour préserver leur légitime intimité en ces moments douloureux".

Une tumeur cancéreuse a priori sans lien avec le traitement

Le CHU détaille par ailleurs que "les complications de cette transplantation furent aussi celles de l’immunosuppression et du rejet : développement de certaines infections, d’une tumeur liée à l’immunosuppression qui a été traitée, maitrisée et suivie depuis 6 ans, diminution de la fonction rénale, et apparition d’une hypertension". Il indique que, "même si la patiente n’a présenté que 2 épisodes de rejet aigu la première année de transplantation, elle a développé au cours de la 9ème année de greffe un rejet chronique ayant conduit à une obstruction partielle des artères de son greffon et à une perte de la partie inférieure de son greffon facial en juin 2015 malgré les modifications du traitement immunosuppresseur qui avaient été introduites lors de l’apparition des premiers signes de rejet chronique en novembre 2014."

Au printemps 2016, lors de bilans mensuels, a été révélée "une récidive d’une tumeur maligne opérée à l’été 2015, cette fois malheureusement hors de toute ressource thérapeutique", souligne le CHU. Celui-ci précise qu'il s'agit d'une "tumeur rare dont la nature ne peut être scientifiquement reliée au traitement immunosuppresseur".

Vous êtes à nouveau en ligne