Des médecins font-ils passer les migrants à la caisse ?

L'association Cimade, qui aide les étrangers à faire reconnaître leurs droits, assure que "de nombreux médecins se livrent à un racket" auprès des migrants pour la réalisation de certificats médicaux en vue d'un titre de séjour, dans le quotidien Le Parisien ce 16 mai. Une semaine plus tôt, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait suspendu l'un de ses médecins suspecté de délivrer des certificats médicaux à des migrants contre de l'argent.

"Nous avons constaté que de nombreux médecins se livraient à un racket auprès des migrants. Ils exigent d’eux le paiement de plusieurs centaines d’euros pour établir des certificats médicaux selon lesquels leur pathologie peut ouvrir droit à une demande de titre de séjour sur le territoire national", a déclaré au Parisien Laura Petersell, chargée de la thématique santé à la Cimade.

Le 10 mai, la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait annoncé la suspension d'un médecin de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, suspecté d'avoir délivré contre de l'argent des certificats médicaux à des migrants en vue d'un titre de séjour. L'AP-HP a également précisé qu'une enquête interne "laisse supposer que d'autres patients dans des situations comparables auraient également été amenés à effectuer de tels versements", sans préciser le nombre de personnes concernées.

"Cette affaire est l'arbre qui cache la forêt", affirme Laura Petersell avant d'ajouter : "ces précaires n’ont pas non plus à payer, des dépassements d’honoraires ! Or nous avons recensé de nombreux témoignages sur ce sujet."

La Cimade rappelle que les "migrants, qui sont pris en charge par l’aide médicale d’Etat (AME) ou la CMU couverture maladie universelle (CMU) n’ont pas à avancer d’argent aux médecins, car la consultation est prise en charge par l’Assurance maladie".

L'association indique avoir signalé par écrit "ces entorses à la déontologie" au ministère de la Santé et que le ministère a confirmé que "des demandes d’honoraires de la part des médecins sont indues." La Cimade dit attendre "des réponses fortes" de la part du ministère.