400 attaques contre des établissements de santé en 14 mois en Syrie

Les professionnels de santé, les hôpitaux et les cliniques syriennes ont été pris pour cible plus de 400 fois entre novembre 2015 et décembre 2016, affirme une étude publiée ce 9 juin, réalisée à partir de données recueillies via l'application mobile WhatsApp.

402 attaques — souvent mortelles — visant des infrastructures de santé ont été enregistrées entre novembre 2015 et décembre 2016, dans ce pays en guerre civile depuis six ans, rapporte une étude publiée dans la revue médicale The Lancet.

Dans les zones non contrôlées par le gouvernement syrien, près de la moitié des hôpitaux ont été frappés au cours de cette période, et un tiers l'ont été plusieurs fois.  "En Syrie, la stratégie consistant à utiliser intentionnellement la violence pour restreindre ou empêcher l'accès aux soins a atteint un niveau sans précédent", alertent les auteurs de l'article.

Le conflit syrien a fait plus de 320.000 morts depuis 2011. Parmi eux figuraient au moins 814 soignants, estimait The Lancet en mars. Au cours de la période couverte par cette nouvelle étude, 677 personnes ont été blessées et 261 tuées dans des attaques contre le secteur de la santé.

Disperser les blocs opératoires pour protéger les patients

Face aux attaques de plus en plus fréquentes contre les infrastructures de santé, les soignants ont dû s'adapter pour tenter de protéger les patients, explique Alaa Abou Zeid, coordinateur de santé pour les situations d'urgence au sein de l'unité de l'OMS. Ils ont par exemple placé à des endroits différents les blocs opératoires et les soins post-opératoires, pour "réduire le risque que tous les services soient affectés" en cas d'attaque, ou déménagé "des services entiers en sous-sol", détaille-t-il.

"Notre défi désormais est de convaincre nos confrères sur le terrain de continuer le travail de collecte et de vérification des données", a ajouté le Dr Alaa Abou Zeid. 

avec AFP

Étude : Attacks against health care in Syria, 2015–16: results from a real-time reporting tool/ Elamein. Mohamed et al. The Lancet, 9 juin 2017. doi:10.1016/S0140-6736(17)31328-4