Un ancien président d’Act Up-Paris raconte l’enfer du sida dans les années 90

Christophe Martet, a vécu le sida dans les années 90 et la naissance d'Act Up-Paris. Il raconte.

Dans les années 90, l’épidémie du sida était incontrôlable. L’association Act Up-Paris multipliait alors les manifestations pour choquer et faire réagir l’opinion publique. 

Une épidémie hors de contrôle 

Pour Christophe Martet, président de l’association de 1994 à 1996,  le sida ne laissait, à l'époque, "aucune autre issue que la mort". Il évoque le triste nombre de 3 morts par jour, une époque où les traitements n’étaient pas encore efficaces. 

"On passait du temps au Père Lachaise plus que de raison et la réalité c’était les visites à l’hôpital, c’était, soi-même confronté à l’échec des traitements parce que pendant longtemps les traitements n’ont pas bien marché. C’était quand même une violence qu’on subissait et du coup qu’on ne voulait plus subir. C’est pour ça qu’on s’est battus parce qu’on proposait aux malades d’être debout, d’être agissants", se souvient-il. 

Un combat fédérateur 

Selon lui, les nombreuses actions chocs menées par son association était indispensable. " Il fallait donner un visage à l’épidémie, il fallait montrer la réalité de la vie des malades. Il fallait affronter les pouvoirs publics et les laboratoires pour accélérer la mise à disposition des traitements et de la recherche. (…) L’idée était quand même que les personnes soient un petit peu saisies pour qu’elles aient presque une idée de la réalité qu’on vivait. Cette violence qu’on avait en nous, cette colère qu’on avait en nous, il fallait l’exprimer, il fallait la montrer. "

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