Trois données à retenir de l'étude sur le VIH chez les hommes homosexuels

Le ruban rouge, symbole international que l\'on accroche sur ses vêtements pour afficher sa solidarité vis-à-vis des victimes du VIH et du Sida. Ici porté sur un homme, en décembre 2015 dans la ville de Mexico (Mexique).
Le ruban rouge, symbole international que l'on accroche sur ses vêtements pour afficher sa solidarité vis-à-vis des victimes du VIH et du Sida. Ici porté sur un homme, en décembre 2015 dans la ville de Mexico (Mexique). (HUGO BORGES / NOTIMEX)

Une étude, qui s'est intéressée au cas de cinq grandes villes françaises, publiée mardi, alerte sur la situation de l'épidémie de VIH chez les jeunes hommes homosexuels. Franceinfo en extrait trois données. 

La situation de l'épidémie de VIH chez les jeunes hommes homosexuels est "extrêmement préoccupante". Tel est le constat d'une étude, publiée mardi 18 juillet sur le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) et qui analyse la fréquence de la contamination et les pratiques de prévention dans plusieurs lieux fréquentés par les gays.

Cette enquête, baptisée "Prevagay2015", a soumis 2 646 hommes qui ont eu des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH) a un questionnaire comportemental. Particularité de l'échantillon, il est composé essentiellement d'hommes fréquentent des "lieux de convivialité gays", soit des bars, des saunas et des "backrooms" de cinq villes en France : Nice, Montpellier, Paris, Lyon et Lille. Parmi eux, 14,3% sont séropositifs, conclut l'équipe de chercheurs de Santé publique France, de l'Inserm et de l'équipe nationale d'intervention en prévention et santé pour les entreprises (Enipse). Franceinfo vous liste trois informations à retenir dans cette étude.

Les moins de 30 ans particulièrement touchés

L'enquête révèle que 6% des hommes interrogés âgés de moins de 30 ans sont séropositifs. Un taux plus élevé que dans les autres villes européennes. Les auteurs de l'étude soulignent que ce taux traduit "la situation épidémiologique extrêmement préoccupante chez les jeunes HSH en France, pour lesquels a été observée, depuis dix ans, une augmentation conséquente des nouveaux diagnostics pour le VIH".

Dans l'éditorial de l'étude, François Dabis le directeur de l'Agence nationale de recherches sur le Sida et les hépatites virales (ANRS), s'inquiète : "Ceci témoigne d'un problème d'adhésion des plus jeunes à nos politiques de prévention." Il rappelle que les applications de rencontre, utilisées notamment par les jeunes, pèsent de plus en plus lourd dans la balance. "La diversification des réseaux sexuels et des modalités de rencontre (applications mobiles géolocalisées notamment) est un réel défi pour les dispositifs d’information et de prévention", explique-t-il.

Des conduites à risque chez les séropositifs

L'étude soulève aussi des conduites à risque "assez fréquentes" chez les hommes séropositifs interrogés. Ainsi, 61% d'entre eux ont eu une relation sexuelle anale non protégée au cours des douze derniers mois, avec un partenaire dont le statut sérologique était inconnu.

Par ailleurs, 36% d'entre eux ont pris un produit psychoactif, cocaïne ou ecstasy par exemple, avant ou pendant les rapports sexuels. Cette dernière donnée est de seulement 18% parmi la population non contaminée et de 20% pour l'ensemble des sondés. 

Des participants en majorité diagnostiqués

Néanmoins, certains chiffres rassurent : parmi les participants à l'étude porteurs du VIH, 91,9% avaient déjà été diagnostiqués auparavant et, parmi eux, 94,9% suivent un traitement. Selon le portail d'information VIH.org, la proportion de diagnostics à un stade précoce reste globalement plus élevée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (49% de diagnostics précoces en 2015) que dans le reste de la population. 

La moitié des personnes séronégatives interrogées (54%) connaissaient la prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP). Ce médicament, actif contre le virus, réduit les risques de contracter le VIH lors d'un rapport sexuel. Le traitement est proposé sur prescription. 

Mais les résultats de cette enquête "doivent être relativisés", avisent les auteurs. Seule la moitié des personnes contactées a accepté d'y répondre et ce sont celles "qui portent un intérêt aux questions de prévention" et "sont probablement plus susceptibles (...) de connaître leur statut sérologique".