Santé : des associations appellent Emmanuel Macron à autoriser les soins funéraires pour les personnes séropositives

Un thanatopracteur effectue un soin sur une personne. Image d\'illustration. 
Un thanatopracteur effectue un soin sur une personne. Image d'illustration.  (SIMON DAVAL / MAXPPP)

Un décret paru jeudi renforce les obligations de sécurité lors des soins funéraires, un pas vers leur autorisation pour les personnes séropositives, qui en sont privées depuis 31 ans.  

Un collectif de six associations de lutte contre le sida et les maladies infectieuses appellent le président élu à lever l'interdiction de soins funéraires pour les personnes séropositives, une "discrimination gravée dans le droit français" qui dure depuis 31 ans, selon leur communiqué publié vendredi 12 mai.

Les soins funéraires pour les personnes décédées du VIH (mais aussi de la rage ou de certaines hépatites virales) sont interdits depuis 1986 en France, notamment à cause du "discours associant encore et toujours séropositivité et dangerosité" et la crainte de la contamination du thanatopracteur, la personne qui prodigue les soins funéraires.

Traces de décomposition

Act Up Paris, Actions Traitements, Aides, Sidaction, SOS Hépatites, et Élus locaux contre le sida assurent que cette "discrimination empêche le processus de deuil" des proches des défunts, en "compliquant l'accès au corps", "quitte à ce qu'ils voient un cadavre présentant des traces de décomposition". Selon elles, le risque de contamination n'est un problème que du fait de "l'application plus qu'aléatoire par les thanatopracteurs des conditions de sécurité élémentaires dans le cadre de leur exercice".

Les associations notent cependant qu'"on y est presque" : un décret paru jeudi 11 mai après "six ans d'attente" renforce les obligations de sécurité par rapport aux risques de contamination dans l'exercice du métier de thanatopracteur. Ce décret ouvre la voie à "la signature d'un arrêté retirant le VIH et les hépatites de la liste des maladies provoquant l'interdiction des soins  de conservation sur un corps". Le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, est donc appelé par les associations à agir en ce sens dès le début de son quinquennat.

Vous êtes à nouveau en ligne