Ablation de la prostate : quand le pénis raccourcit

C'est un effet secondaire possible méconnu de la prostatectomie : un raccourcissement de la verge. Une étude japonaise vient expliquer l'origine du phénomène... et confirmer que celui-ci est, heureusement, transitoire !

Après une ablation de la prostate, ou prostatectomie, des troubles de la continence et de l’érection sont régulièrement rapportés par les patients. Fait moins connu : certains se plaignent auprès de leur médecin d’un raccourcissement de leur verge. Une demi-douzaine d’études menées depuis la fin des années 1990 confirme que cet effet secondaire n’est pas qu'une appréciation des patients, et touche effectivement un nombre variable d’entre eux.

Restait à comprendre les mécanismes à l’origine de ce phénomène, et à déterminer si celui-ci était réversible.

Tout rentre dans l'ordre au bout d'un an

Des chercheurs japonais ont réalisé des mesures de la verge d’une centaine de leurs patients avant prostatectomie, puis à huit occasions après l’intervention (dix jours après, puis un mois, puis tous les trimestres jusqu’au deuxième anniversaire de l’opération). Trois IRM ont également été réalisées, tout d’abord avant l’opération, puis 10 jours après celle-ci, et enfin lors du premier entretien annuel.

La verge des patients avait sa taille minimale dix jours après l’opération, avec un raccourcissement moyen de deux centimètres. Les chercheurs observent que plus la portion de prostate retirée est volumineuse, plus la probabilité d’un raccourcissement est important.

Chez l’ensemble des patients, l’organe avait retrouvé sa longueur préopératoire au bout d’une année. Excellente nouvelle : le phénomène est donc bien réversible !

Un recul de la verge 

Les IRM ont également permis d’apporter une explication au phénomène. Tout se joue au niveau d’une membrane reliée à l’os du pubis, au travers de laquelle passe l’urètre. Cette membrane apparaît beaucoup moins rigide que les chercheurs ne le supposaient jusqu’alors. Après l’ablation de la prostate, la membrane se déforme en direction de l’espace laissé vacant, entraînant un recul de la verge. Plusieurs mois sont nécessaires pour qu’elle reprenne sa forme naturelle.

Selon les auteurs, des études antérieures montrent que certains traitements médicamenteux (inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5, ou PDE5) semblent efficaces pour prévenir le raccourcissement du pénis.