Les crédits de la journée de solidarité sont "détournés" de leur objet initial, assure une association d'établissements pour personnes âgées

Pascal Champvert, le 26 mars 2004.
Pascal Champvert, le 26 mars 2004. (MOUILLAUD RICHARD / MAXPPP)

Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), assure sur franceinfo que tous les crédits de la journée de solidarité ne vont pas "intégralement aux personnes âgées".

"Une partie des crédits qui ont été récoltés [dans le cadre de la journée de solidarité] a été détournée par les pouvoirs publics" depuis 2004, accuse sur franceinfo lundi 10 juin Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). En 2004, le lundi de Pentecôte avait été décrété "journée de solidarité", et devait donc être travaillé sans être payé, pour financer la dépendance. Depuis 2008, chaque employeur peut décider de faire travailler cette journée ou de récupérer ce temps sur un autre jour, voire de supprimer un jour de congé.

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Selon Pascal Champvert, ce mode de financement présente deux défauts. Tout d'abord, "il est contesté par l'ensemble des organisations syndicales, par une partie des organisations d'employeurs et une grande partie des Français". Ensuite, selon le président de l'AD-PA, "année après année, le ministère de l'Economie et des Finances, avec l'aval des différents Premiers ministres, a fait en sorte que tous les crédits n'aillent pas intégralement aux personnes âgées."

"Maigres crédits"

La journée de solidarité devrait générer en 2019 plus de 2,87 milliards d'euros de recettes, indique la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Entre 2004 et 2019, la journée autonomie a rapporté 34,9 milliards d’euros (contributions des salariés) auxquels s'ajoutent 4,9 milliards d'euros depuis 2013 (contributions des retraités imposables). Ces fonds destinés à financer des actions pour les personnes âgées et les handicapés viennent en partie abonder des fonds gérés par les départements, comme celui qui est dédié à l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).

Pascal Champvert assure qu'une partie de ces crédits reversés aux départements a servi à la création de collèges, à l'amélioration de routes départementales, au renflouement de fonds de réserve pour la retraite ou encore à l'aide à la lutte contre la pauvreté. "Toutes ces choses sont extrêmement utiles mais ne doivent pas être financées par les maigres crédits qui sont destinés aux personnes âgées." 

Pascal Champvert assure que ces "détournements réguliers" expliquent "le retard de notre pays en matière d'aide aux personnes âgées". Il déplore le fait qu'il n'y ait "pas assez de professionnels à domicile et en établissement" auprès des personnes âgées. Il avance le chiffre de moins de six professionnels pour dix personnes âgées dans chaque établissement alors qu'en 2012 "on nous avait dit qu'il faudrait huit professionnels pour dix personnes âgées". Il estime que les augmentations de moyens compensent "à peine" l'augmentation du nombre de personnes âgées.

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