Des téléconsultations dans les Ephad pour lutter contre les déserts médicaux

Depuis plusieurs années, des établissements, souvent dans des déserts médicaux, expérimentent le système de télémédecine. Exemple dans une maison de retraite en Dordogne. 

Madame Dessagnié, 89 ans, vit dans une maison de retraite à Montpon Menesterol, petit village de Dordogne. Elle souffre de plaies aux jambes qui ne cicatrisent pas et qui nécessiteraient l’avis d’un dermatologue. Mais aucun rendez-vous n’est possible avant plusieurs mois dans les villages alentours. Le Dr Philippe Cardinale, médecin coordinateur de l’Ehpad Foix de Candalle, fait donc appel au service de télémédecine du CHU de Bordeaux, situé à près de 80 kilomètres. Ce sont des « spécialistes auxquels on n’aurait pas accès en temps courant puisqu’on n' en a plus dans la région. On va pouvoir avoir un avis hautement spécialisé du CHU ».

Un chariot de téléconsultation pour examiner les patients à distance

Pour faire face au manque de praticiens, l’Ehpad s’est équipé il y a quelques mois d’un chariot comprenant deux écrans et une caméra. Relié au CHU de Bordeaux, il permet au patient d’être examiné à distance et de voir le spécialiste. Ce jour-là, Madame Dessagnié est examinée par un médecin et une infirmière experte en plaies et cicatrisation. Avec un joystick, l’infirmière commande la caméra du chariot pour examiner la patiente.

Depuis la mise en place de la télémédecine, les résidents passent moins de temps dans les transports et les salles d’attente. A cause du manque de médecins, certains patients étaient parfois envoyés aux urgences pour recevoir un simple avis médical.  Le Dr Philippe Cardinale explique : « nos résidents sont fatigués. Ils ont des polypathologies. Une heure de transport aller, une heure de transport retour, l’attente, qui peut être très longue…  Et quand les personnes reviennent, elles n’ont sûrement pas déjeuné. Elles rentrent, elles sont exténuées. Des fois, il leur faut plusieurs jours pour s’en remettre. »

D’ici 2020, des téléconsultations dans tous les Ephad situés dans des déserts médicaux

Ce service de télémédecine est un gain de temps pour les patients et pour les soignants. Le CHU de Bordeaux a déjà réalisé plus de 1500 téléconsultations. Et, la demande explose ! La responsable du service, le Pr Nathalie Salles, estime « qu’aujourd’hui, le plus compliqué c’est de trouver des spécialistes. Il faut leur dire qu’ils vont faire ça en plus de tout ce qu’ils ont déjà à faire. Mais, le point positif, c’est que lorsque ces spécialistes font une première consultation, ils se rendent compte de tout ce que donne la télémédecine. D’eux-mêmes, ils nous disent qu’ils sont d’accord pour retirer ces patients qui vivent en Ehpad de leur consultation. »

D’ici 2020, tous les Ehpad situés dans les déserts médicaux devront être équipés d’un matériel de téléconsultation.

 

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