VIDEO. La manière dont les journalistes traitent du suicide pourrait avoir des effets sur les personnes vulnérables

BRUT

Pour le médecin psychiatre Charles-Édouard Notredame, les médias pourraient influencer en bien ou en mal les personnes à risque. Ce mardi 5 février, jour dédié à la prévention du suicide, Santé publique France a rappelé que 7 % des adultes ont déjà tenté de mettre fin à leurs jours. 

"Il est possible que les médias, quand ils traitent du suicide, participent à entraîner une contagion suicidaire", s'inquiète Charles-Édouard Notredame, médecin psychiatre. Lorsque les journalistes évoquent des cas de suicide, ils pourraient influencer les personnes les plus vulnérables.

Charles-Édouard Notredame mentionne l'effet Werther. Un phénomène qui se caractérise par une hausse des taux de suicide causée par des publications médiatiques. Il a été formulé après la publication du roman Les souffrances du jeune Werther de Goethe dans lequel le héros se donne la mort. La parution du livre aurait été suivie d'une recrudescence de suicides chez des personnes qui auraient vraisemblablement compatis aux douleurs du personnage principal.

À l'opposé, "certaines caractéristiques des articles de presse peuvent diminuer le taux de suicide", pondère le médecin. En effet, plus récemment, l'effet Papageno a été démontré statistiquement par un chercheur autrichien. Il intervient lorsque les médias traitent de personnes qui ont surmonté une phase suicidaire. Ces articles persuaderaient certains individus à ne pas passer le cap. "Avec le suicide, c'est l'impact du traitement journalistique qui se fait très concret", soutient Charles-Édouard Notredame. 

La responsabilité de tous 

"Le journaliste, il a une responsabilité importante en ce qui concerne le suicide", rappelle le psychiatre. Selon lui, les journalistes devraient traiter avec retenue ces sujets en éludant les termes sensationnalistes et en ne détaillant pas "le moyen suicidaire" ou le lieu de l'acte. Aussi, le mieux serait que les articles évoquent les personnes qui ont réussi à faire face aux épisodes douloureux de leur existence. "Mais cette responsabilité, c'est une responsabilité partagée, que nous avons tous", précise Charles-Édouard Notredame.

Plus de 3 millions de Français de 18 à 75 ans affirment avoir déjà pensé à mettre fin à leurs jours au cours de leur vie. Des professionnels de santé peuvent assister les personnes les plus à risque.

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