Première médicale en Suède : une naissance grâce à un utérus greffé

(L'équipe suédoise à l'origine de cette première médicale © AFP/ Adam Ihse)

Une Suédoise de 36 ans née sans utérus a accouché en septembre d'un garçon en bonne santé pesant 1,775 kg, après 31 semaines de grossesse. Un espoir pour toutes les femmes dans le même cas. Mais des problèmes d'éthique pour le professeur René Frydman.

Cette premièremédicale a été réalisée par une équipe conduite par le professeur Mats Brännström, spécialiste de gynécologie obstétrique à l'université de Göteborg.  L'utérus qui a été transplanté sur la jeune femme venait  d'une amie de la famille âgée de 61 ans, ménopausée depuis sept ans lorsqu'elle a été opérée

"Bon nombre de jeunes femmes dans le monde" pourraient être traitées

Ce "succès est basé sur plus de dix ans de recherches intensives sur l'animal et d'entraînement chirurgical de notre équipe et il crée la possibilité de traiter bon nombre de jeunes femmes dans le monde qui souffrent d'infertilité utérine", explique dans la revue le Pr Brännström. "De surcroît, nous avons démontré la faisabilité de la transplantation de l'utérus d'une donneuse vivante, même lorsque cette dernière est ménopausée".

La jeune femme traitée était capable de produire des ovules. ceux-ci ont été fécondés par les techniques de fécondation in vitro.  Ce qui a permis aux chercheurs d'avoir onze embryons congelés. Un seul a été transplanté, un an après la greffe de l'utérus. 

"Chapeau"  (René Frydman)

"C'est une étape comme l'a été la greffe du cœur sur les pathologies cardiaques. Elle ouvre des perspectives et pose des questions et notamment éthiques" constate le professeur René Frydman, "père" scientifique du premier bébé éprouvette français. Il avait d'ailleurs évoqué cette question devant le comité national d'éthique : "On m'avait répondu que ce n'était pas à l'ordre du jour parce qu'on n'était pas près d'y arriver".

"Chapeau" lance René Frydman à ses collègues suédois même si pour lui cette première pose des questions. Il répond à Edwige Coupez
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Parmi les problèmes éthiques qu'il soulève, le fait que les donneuses pour la greffe d'utérus "peuvent être des donneuses vivantes, provenant de l'entourage (de la patiente) et ça mérite des précautions, ça mérite simplement qu'on y réfléchisse."