Vote du budget de la Sécurité sociale : "En 2019, nous mettons cinq milliards d'euros de plus pour la santé"

Le député La République en marche de l\'Isère Olivier Véran, le 18 septembre 2018.
Le député La République en marche de l'Isère Olivier Véran, le 18 septembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le député La République en marche Olivier Véran défend le projet de budget de la Sécurité sociale, qui a été adopté à l'Assemblée nationale mardi 30 octobre.

"Le budget accordé à la santé est en augmentation de 2,5% cette année, c'est la plus grosse augmentation depuis plus de sept ans", s'est félicité mardi 30 octobre sur franceinfo, Olivier Véran, député La République en marche (LREM) de l'Isère, rapporteur général de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019 a été adopté à l'Assemblée nationale en première lecture par 335 voix contre 190 et 33 abstentions. Pour la première fois depuis 18 ans, ce budget, le deuxième du quinquennat, est positif (+ 700 millions), un résultat dont le gouvernement entend profiter pour désendetter la Sécurité sociale. 

franceinfo : Un hôpital sur trois est en endettement excessif, selon la Cour des comptes, comment sort-on de cette spirale ?

Olivier VéranD'abord, en changeant les modalités de financement de l'hôpital. Nous venons d'adopter le budget de la Sécurité sociale, qui prévoit la sortie de la tarification à l'activité pour certaines maladies, c'est un pas en avant très important. Pour les maladies chroniques, pour un patient qui va avoir un diabète, jusqu'ici l'hôpital était payé à l'activité. Maintenant on va penser les choses différemment, on va penser au parcours du malade entre la ville et l'hôpital. Il n'y aura plus cette pression à l'activité. Par ailleurs, le budget accordé à la santé est en augmentation de 2,5% cette année, c'est la plus grosse augmentation depuis plus de sept ans. En 2019, nous mettons cinq milliards d'euros de plus pour la santé des Français qu'en 2018.

Ce que vous dites ne va pas consoler les habitants du Blanc dont on a fermé la maternité. Qu'en pensez-vous ? 

Si on prend l'exemple de cette maternité du Blanc. Quand vous avez un service d'activités assez techniques, qui nécessite de la pratique pour garantir la sécurité des soins. Lorsque vous avez fermé un service comme celui-ci, c'est un désastre pour la population, c'est souvent le premier bassin d'emploi, mais ce que nous allons faire, c'est que nous allons transformer ces hôpitaux, non pas pour en faire une maison de retraite, on va rouvrir des petits services d'urgence, des services de consultation de médecine. On va travailler davantage au sein d'un territoire de santé, d'un bassin de vie, pour que les hôpitaux collaborent mieux les uns avec les autres. Cette transformation prend du temps et pour cela il faut des moyens supplémentaires et la ministre de la Santé a annoncé plusieurs centaines de millions d'euros qui seront accordés aux hôpitaux au titre de l'investissement.

Selon vous, ces réformes vont régler le problème de l'hôpital en France ?

On ne peut pas considérer que l'hôpital soit une structure inerte et immobile. Au contraire, l'hôpital français est extrêmement moderne. Je suis médecin, je suis neurologue et il y a dix ans j'ai ouvert un hôpital de jour en neurologie qui a permis de prendre en charge plus de 4 000 malades par an, qui autrefois allaient passer de une à trois nuits à l'hôpital. Maintenant, ils ne viennent que pour leur traitement et ils peuvent revenir chez eux avec leurs proches. On sort d'un modèle hospitalo-centré pour voir l'hôpital comme le recours. Pour le reste, on doit rester le moins longtemps possible à l'hôpital, parce qu'il y a des risques d'infections nosocomiales et parce que c'est moins confortable. Tous ces changements, ils prennent du temps et on les accompagne.

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