VIDEO. Schizophrénie précoce : "Les pédopsychiatres, les infirmières laissent des parents sans accompagnement" s'insurge une maman

Jennifer a sept enfants, dont deux diagnostiqués schizophrènes. Parce qu'elle a traversé de nombreuses épreuves avec ses fils, elle a lancé l'association SCHIzo’Jeun’S, qui lutte pour la reconnaissance de la schizophrénie précoce et soutient les jeunes malades et leurs proches.

Chaque année, 2 millions de Français sont soignés pour des troubles psychiatriques sévères. Comment affronter la maladie mentale de ses proches ? Le 10 avril 2019, "Pièces à conviction" donne la parole à des patients et leur famille.

Jennifer a sept enfants, dont Jason, 19 ans, et Matteo, 16 ans, tous deux schizophrènes. Leur maladie a affecté toute la famille, qui a dû apprendre à gérer leurs crises de violence, leurs hallucinations, mais aussi parfois à les protéger contre eux-mêmes. Parce qu'elle traversé de nombreuses épreuves avec ses deux fils, Jennifer a voulu, avec l'association SCHIzo’Jeun’S qu'elle préside, venir en aide aux jeunes schizophrènes, leur famille et leurs amis, et lutter pour la reconnaissance de la schizophrénie précoce et contre sa stigmatisation.

Familles en détresse

Chaque jour, Jennifer reçoit des dizaines de messages de détresse de familles de malades. Par exemple : "Il est devenu violent avec moi, il m'a menacé d'un couteau et m'a tordu le bras pour obtenir la clef de l'armoire à médicaments, lit-elle. Après avoir obtenu ce qu'il voulait, il a avalé quatre gélules de Doliprane. Il a accepté que je l'emmène à l'hôpital. Je me tourne vers vous car je pense que sa santé s'aggrave. Il veut toujours se suicider. Il devient agressif en cas de frustration." 

Un concept pas "totalement accepté en psychiatrie de l’enfant"

Comme l'association l'explique sur son site, "les formes précoces de schizophrénie, qui débutent avant 18 ans, et les formes très précoces, avant 13 ans, sont peu fréquentes, mais souvent méconnues (…), et le concept de schizophrénie précoce n’est toujours pas totalement accepté en psychiatrie de l’enfant." Cela révolte Jennifer : "Je ne supporte pas ces manquements, le fait qu'ils ne font pas leur boulot correctement." Sa voix se brise… De qui parle-t-elle ? "Des pédopsychiatres, des infirmières, tous ces gens qui travaillent autour de l'enfance et qui laissent des parents sans accompagnement…"  

Actuellement, l’association aide une vingtaine de jeunes en Mayenne. Elle organise des activités sportives, des sorties culturelles, et a lancé des groupes de paroles destinés aux frères et sœurs d’enfants atteints de schizophrénie.  

Extrait de " Psychiatrie : le grand naufrage", une enquête de "Pièces à conviction" à voir le 10 avril 2019 à 21 heures sur France 3.

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