"On n'a absolument rien obtenu" : les personnels hospitaliers ont le sentiment de ne pas avoir été entendus

La manifestation pour \"Sauver l’hôpital\" à Paris, le 17 décembre 2019.
La manifestation pour "Sauver l’hôpital" à Paris, le 17 décembre 2019. (ALAIN JOCARD / AFP)

Les annonces du gouvernement, le mois dernier, pour l'hôpital public n'ont pas rassuré les personnels hospitaliers qui ont manifesté mardi. 

Le cortège n’est pas emmené par les traditionnels camions sono des syndicats mais par une ambulance du SAMU décorée de banderoles et de guirlandes. Les personnels hospitaliers ont manifesté mardi 17 décembre 2019 à Paris depuis l'hôpital Lariboisière, dans le 19e arrondissement, jusqu'à la Place de la République. Une mobilisation distincte de celle organisée contre la réforme des retraites et qui se déroule un mois après les annonces du gouvernement pour l'hôpital public.

On n'a absolument rien obtenu, par rapport aux besoins de l’hôpital public.Sophie Crozier, médecin et membre du collectif inter-hôpitauxà franceinfo

Le cortège ne semble pas aussi fourni qu’il y a un mois, quand des milliers d’hospitaliers avaient manifesté dans les rues parisiennes. Il faut toutefois prendre en compte la grève des transports qui a empêché certains de se déplacer. Les hospitaliers sont donc moins nombreux mais tout aussi déterminés qu’il y a un mois. "On ne lâche rien car il n’y a aucune raison de lâcher", explique Sophie Crozier, membre du collectif Inter-hôpitaux, l'un des organisateurs de la manifestation. 

Le compte n'y est pas

Et ce ne sont pas les annonces du Premier ministre, Édouard Philippe, et de la ministre de la Santé, Agnes Buzyn, qui rassurent les personnels soignants : "Ce sont des effets d’annonces. Ils ont annoncé 1,5 milliard d'euros, alors qu'en réalité ils ont additionné le budget qui était prévu, plus ce qu’ils vont nous donner. On a regardé le dossier de plus près, on aura 200 millions d’euros en plus en 2020, alors qu’il en faudrait entre 800 millions et un milliard", poursuit Sophie Crozier. Dans le cortège, Christine, infirmière en gériatrie au Kremlin-Bicêtre, insiste en outre sur l'urgence à débloquer ces moyens.

C’est maintenant, et pas dans quelques années. Sinon, ça sera trop tard. Sinon, la population va se révolter, c’est sûr et certain, car les gens vont crever devant l’hôpital.Christine, infirmière hospitalièreà franceinfo

Les revendications restent les mêmes : plus de personnels, plus de moyens et des hausses de salaire. Le sentiment général c’est de ne pas avoir été entendu. "On a un manque de moyen et de personnels. Tous les mois, on a de mauvaises nouvelles", raconte Antoine Robato, infirmier à l’hôpital Saint-Louis de Paris, où des postes ont été supprimés récemment dans son service. Il n’avait pas pu manifester il y a un mois car il était assigné par l’hôpital. Ce mardi, il a posé sa journée.

"On n'a absolument rien obtenu". Le reportage de Solenne Le Hen au cœur de la manifestation pour "Sauver l’hôpital".
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