"Nous enseignons une médecine fondée sur les preuves" : la faculté de médecine de Lille suspend son diplôme d'homéopathie

La faculté de médecine de Lille, le 31 mai 2011.
La faculté de médecine de Lille, le 31 mai 2011. (MAXPPP)

Il s'agit d'une position prise "dans le cadre d'une réflexion scientifique et pédagogique", a indiqué le doyen de la faculté de médecine, Didier Gosset.

La faculté de médecine de Lille a suspendu son diplôme d'homéopathie pour l'année universitaire 2018-2019. Elle l'a annoncé, vendredi 31 août sur Twitter. La raison ? L'université attend la position de la Haute Autorité de santé (HAS) sur cette pratique. Il s'agit d'une position prise "dans le cadre d'une réflexion scientifique et pédagogique", a indiqué à l'AFP le doyen de cette faculté, Didier Gosset.

"Force est de constater que nous enseignons une médecine fondée sur les preuves, on tient à une rigueur scientifique, absolue, et force est de constater qu'en parallèle l'homéopathie n'a pas évolué, que c'est une doctrine qui est restée en marge du mouvement scientifique, que les études sont rares sur l'homéopathie, qu'elles sont peu solides, maintenir notre enseignement serait le cautionner", a affirmé Didier Gosset.

Des médecins homéopathes dénoncent "une chasse aux sorcières"

Le Syndicat national des médecins homéopathes français dénonce, lui, "une chasse aux sorcières qui tourne le dos à la pratique d’une médecine intégrative et réconciliée". Le SNMHF (syndicat national des médecins homéopathes français) "regrette cette décision, alors que ce diplôme existe depuis une trentaine d’années", peut-on lire dans ce communiqué.

Le débat sur l'utilité de l'homéopathie a ressurgi avec vigueur en France, numéro un mondial des préparations homéopathiques, depuis la publication mi-mars dans Le Figaro d'une tribune au vitriol d'une centaine de médecins opposés à cette pratique et réclamant l'arrêt de sa prise en charge partielle par l'assurance-maladie.

Une tribune a relancé les débats sur l'homéopathie

Cette tribune attaquait les "médecines alternatives", dont l'homéopathie, pratiquées selon les signataires "par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l'efficacité illusoire".

Des médecins favorables à l'homéopathie ont répliqué en portant plainte devant le Conseil de l'ordre des médecins contre les signataires. Le ministère de la Santé a saisi la Haute Autorité de santé pour évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement et attend son avis d'ici à la fin février.

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