Déserts médicaux : "Il faut pouvoir attirer des étudiants" pour compenser les départs à la retraite, selon le syndicat MG France

Une visite médicale chez un médecin généraliste (illustration).
Une visite médicale chez un médecin généraliste (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"On sait que le nombre de départs en retraite est important et que le nombre d’arrivées ne compensera pas", a expliqué dimanche sur franceinfo Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes MG France.

"C’est normal que les départements et les communes fassent de la publicité pour leurs territoires. Il faut pouvoir attirer des étudiants", a estimé ce dimanche sur franceinfo le docteur Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes MG France, alors que des départements ruraux multiplient les opérations séduction pour convaincre des internes de s'installer. "On sait que le nombre de départs en retraite est important et que le nombre d’arrivées ne compensera pas", a-t-il noté tout en soulignant l'importance selon lui des négociations menées avec l'assurance maladie, pour permettre notamment d'avoir des assistants dans les cabinets de médecine générale.

franceinfo : Certains départements font des "opérations séduction" aux internes en médecine pour les convaincre de s’installer, avec découverte des sites locaux. Ce sont de bonnes initiatives ?

Jacques Battistoni : C’est normal que les départements et les communes fassent de la publicité pour leurs territoires. Il faut pouvoir attirer des étudiants qui ne le connaissent pas, qui connaissent surtout les villes des CHU. Ceci étant, il y a une situation de pénurie en termes de nombre global de médecins, donc quand un département fait de la publicité, ça peut se faire au détriment du département voisin. Globalement, on sait que le nombre de départs en retraite est important et que le nombre d’arrivées ne compensera pas le nombre de départs : on va avoir pratiquement un remplacement d’un pour deux.

Quelles sont les contraintes d’un médecin "de campagne" ?

Ils ont besoin de conditions de vie attractives. On voit que certains départements mal connus offrent quand même des conditions de vie plaisantes. Il faut aussi un travail pour le conjoint, c’est très important. Au moment où vous faites des enfants, le mari ou la femme doit pouvoir venir dans le territoire. Enfin, il faut une équipe et des conditions de travail attrayantes, avec notamment des locaux et du personnel autour de soi, ne pas travailler tout seul.

Avez-vous le sentiment que les futurs médecins ont une mentalité un peu différente, ont envie de revenir à la campagne ?

Je me demande si ça ne change pas un peu, s’il ne se passe pas quelque chose. De la même façon qu’on voit des gens qui ont envie de travailler à la campagne et dont les parents n’étaient pas forcément des agriculteurs. Peut-être que l’écologie rentre en compte dans cela. Mais ce qu’il faut très globalement, c’est rendre l’exercice de la médecine générale et libérale plus attractive, et là, il y a encore du travail à faire. Les négociations que nous menons actuellement avec l’assurance maladie, notamment pour avoir des assistants dans les cabinets de médecine générale, sont très importantes à ce titre-là, car elles augmentent le confort d’exercice des professionnels.

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