Déserts médicaux : des élus pressent le gouvernement d'agir dans une tribune

Un panneau pour la recherche de médecins à Matignon (Côtes-d\'Armor), le 29 juillet 2017.
Un panneau pour la recherche de médecins à Matignon (Côtes-d'Armor), le 29 juillet 2017. (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

Quelque 120 élus appellent le gouvernement à faciliter la télémédecine, pour un meilleur accès aux soins sur l'ensemble du territoire. 

Des élus interpellent le gouvernement, dans une tribune publiée le 5 mai par Le Journal du dimanche, sur les déserts médicaux, un "phénomène [qui] concerne aujourd'hui plus d'une commune sur trois". Ces 118 élus – députés, sénateurs et élus locaux, majoritairement LREM, du centre et LR –, déplorent que des solutions pour l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire, comme la télémédecine, "peinent à émerger" en raison de "blocages administratifs" qui limitent la portée du remboursement prévu pour la consultation.

Plus de 1 000 téléconsultations par semaine 

Dans un entretien au JDD, la ministre Agnès Buzyn, dont le projet de loi santé sera examiné au Sénat en juin, souligne de son côté que "plus de 11 500 téléconsultations ont déjà été réalisées, soit 1 000 par semaine". Elle assure avoir pris le sujet des déserts médicaux "à bras-le-corps" avec "un plan d'urgence dès octobre 2017".

Le projet de loi santé "répond à cette démographie déclinante [des médecins] en organisant les tâches" pour qu'ils puissent "libérer du temps pour de nouveaux patients", poursuit-elle, citant au nombre des mesures en ce sens la création d'assistants médicaux, les infirmiers en pratiques avancées ou les vaccinations en pharmacie. "Tout ce que nous mettons en place permettra de libérer 3 millions de consultations, soit l'équivalent de 800 médecins généralistes supplémentaires", affirme-t-elle.

Adapter la médecine aux territoires 

Mais Patrick Bouet, président du Conseil national de l'ordre des médecins, se montre plus pessimiste, soulignant l'"énorme hiatus entre l'espoir suscité par la promesse de réforme et les faits". Il faut, selon lui, "adapter le modèle très normé proposé (...) à tous les territoires". La Seine-Saint-Denis, où il exerce, et la Lozère n'ont pas les mêmes besoins, fait-il valoir. Dans le premier cas, "on manque de pédiatres et de pédopsychiatres" ; dans le second, "il y a besoin de services de gériatrie et de lits de moyen séjour". Quant à la télémédecine, c'est "une avancée, mais c'est un leurre de dire qu'elle réglera tout".

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