Crise de l'hôpital : "On demande un moratoire financier qui permette de donner de l'oxygène aux hôpitaux"

Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France, le 18 septembre 2018.
Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France, le 18 septembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Sans ce moratoire, "cela ne va pas tenir", estime Frédéric Valletoux, à la tête de la Fédération hospitalière de France.

Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, a demandé mardi 30 octobre sur franceinfo "un moratoire financier" pour l'hôpital, afin de lui "donner de l'oxygène", alors que le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019 a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Celui qui est également maire Les Républicains de Fontainebleau (Seine-et-Marne) juge que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale "avance à pas timides".

franceinfo : Est-ce que l'exemple de la maternité du Blanc illustre le malaise de l'hôpital ?

Frédéric ValletouxIl faut regarder le sujet de la sécurité, il doit être primordial. Il doit être le seul juge de paix. Ces manifestants qui s'accrochent au bâtiment qu'il faut faire vider par les CRS, c'est triste de vider une maternité comme cela. Cela montre l'attachement des Français à leur système hospitalier. Ils y tiennent pour des raisons de proximité et ils savent qu'à l'hôpital, on soigne tout le monde. C'est un élément important des services publics qu'offre la République. Cet attachement à l'hôpital se traduit par un mécontentement sur ce que devient l'hôpital et sur ce tunnel d'économies qu'on impose à l'hôpital depuis une dizaine d'années. Les années passent et les logiques d'économies sont toujours les mêmes.

Le budget accordé à la santé est en augmentation cette année de 2,5%, la plus grosse augmentation depuis sept ans. Cela vous convient-il ?

Évidemment que les moyens augmentent un peu plus que les années précédentes. Mais quand on a des charges qui augmentent de plus de 3%, que les moyens augmentent de 2,2% ou 2,4%, on a toujours un différentiel qui s'appelle soit déficit, soit économies, c'est-à-dire les fermetures de lits ou la pression sur les personnels. On ne résout pas les problèmes en un an. Ce sont des problèmes qui durent depuis des années. Ce qui manque, c'est une action beaucoup plus volontariste.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ne vous satisfait-il pas ?

Le président de la République a décrit fin septembre un système de santé qui a été largement applaudi à juste titre. Mais c'est un système de santé pour 2022, 2023, 2024. La crise de l'hôpital, elle est aujourd'hui. Or, le PLFSS ne permet pas d'aborder sereinement ce virage vers un nouveau système de santé. Ce PLFSS avance à pas timides. Cela manque de volontarisme. Pendant ce temps-là, les organisations continuent de souffrir. Ce qu'on demande, c'est que, soit on va plus vite, soit on prend un moratoire qui permet de donner de l'oxygène aux hôpitaux, sinon cela ne va pas tenir. La crise de l'hôpital c'est maintenant.

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