Plus d'un Français sur dix serait hypocondriaque, affirme une étude

59% des hypocondriaques vont consulter leur médecin pour dissiper leurs inquiétudes, et 44% vont même en consulter plusieurs.
59% des hypocondriaques vont consulter leur médecin pour dissiper leurs inquiétudes, et 44% vont même en consulter plusieurs. (GHISLAIN & MARIE DAVID DE LOSSY / CULTURA RF / GETTY)

Les hommes de moins de 35 ans sont plus enclins à craindre d'avoir une maladie même en l'absence de tout signe, tout comme les habitants de la région parisienne.

Y a-t-il huit millions et demi d'hypocondriaques en France ? Possible. Selon une étude Ifop/Capital Image rendue publique dimanche 23 février, 32% des Français disent avoir peur d'être atteints d'une maladie ou d'être en train d'en développer une lorsque certains signes ou symptômes les inquiètent. Plus préoccupant : 13% s'angoissent même en l'absence de tout symptôme.

Selon cette enquête, les hommes de moins de 35 ans sont plus enclins à craindre d'avoir une maladie même en l'absence de tout signe (23%), tout comme les habitants de la région parisienne (19%). Préoccupés de façon démesurée de leur santé en l'absence de tout symptôme, les 13% d'hypocondriaques déclarent avoir peur d'être atteints d'une maladie en entendant parler de cette maladie dans les médias (pour 48% d'entre eux), en lisant quelque chose à son propos sur un site internet d'information (43%), ou bien en entendant parler de cette maladie par un proche (41%).

Pour se rassurer, 74% d'entre eux font des recherches sur les sites d'information en ligne, 58% sur les blogs et forums et 47% consultent livres, revues et médias. 59% vont consulter leur médecin pour dissiper leurs inquiétudes et 44% vont même en consulter plusieurs tandis que 61% parlent de leurs craintes à leurs proches. Au contraire, 56% vont tenter de ne plus y penser.

Angoissés par leur santé, certains fuient les examens médicaux

Ces deux attitudes semblent bien coexister dans cette population, la première consistant à sur-consulter et à rechercher des informations en masse et la seconde correspondant à une tentative d'évitement et de contournement de la peur de la maladie. "L'hypocondriaque peut se construire sa propre théorie de la maladie et des traitements. Il est en difficulté pour écouter et l’entourage est dérouté", estime le professeur Jean-Pierre Olié, cité par Capital Image.

Ces gens qui redoutent d'avoir une maladie en l'absence de tout symptôme sont aussi un tiers plus nombreux à fuir les examens que l'ensemble des personnes interrogées. Ainsi 19% craignent les tests de dépistage du cancer (contre 13% des Français), 14% évitent la mammographie (contre 5%).

Autre exemple : 11% préfèrent fuir les examens d'imagerie scanners ou IRM, et 46% les acceptent avec réticence. 12% préfèrent également éviter les tests sanguins.

Etude Ifop/Capital Image faite en ligne du 17 au 19 juillet 2013 auprès d'un échantillon représentatif de 1007 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas).

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