Trois syndicats de médecins quittent les négociations

Trois syndicats de médecins libéraux sur cinq ont quitté, ce jeudi 7 juillet, la table des négociations autour de la nouvelle convention avec l'Assurance maladie, les deux tiers du budget alloué au financement des propositions étant destinés à l'augmentation de la consultation à 25 euros pour les généralistes.  

A peine une heure après le début de la séance de négociation entre l'Assurance maladie et les médecins, ce jeudi 7 juillet 2016, la Confédération des syndicat médicaux français (CSMF), représentant à la fois généralistes et spécialistes, claque la porte.

En cause, une trop grande partie du budget alloué aux seuls généralistes. Il faudrait, en effet, 450.000 millions sur les 750.000 millions proposés par l'Assurance maladie pour financer la hausse de la consultation des généralistes à 25 euros.

Des spécialistes lésés

"Les propositions de l'Assurance maladie sont inacceptables, il n'y a quasiment rien pour les spécialités", a déploré Jean-Paul Ortiz président de la CMSF. De fait, les spécialistes se sentent lésés. "La CMSF n'acceptera pas d'accompagner la disparition de spécialités entières en médecine libérale".

La désertion de cette organisation, la plus représentative et la plus susceptible -avec MG France (médecins généralistes)- de signer un accord n'augure pas une suite facile des négociations. D'autant que, le syndicat des médecins généralistes et spécialistes (SML) lui a emboîté le pas.

Le Bloc syndicat des chirurgiens, lui ne s'est même pas présenté au rendez-vous. Quant au FMF, syndicat représentant de généralistes et spécialistes, son président Jean-Paul Hamon a lui aussi claqué la porte. Certains représentants sont cependant restés pour discuter.

Des généralistes déçus

Les médecins généralistes qui demandaient depuis longtemps la revalorisation du prix de leur consultation pour réparer une inégalité entre généralistes et spécialistes ne sont pas satisfaits non plus.

En effet, si l'Assurance maladie accepte de revaloriser la consultation à 25 euros, cette augmentation s'étalera sur deux ans avec une hausse de 1 euro en avril 2017 et une autre un an après. "Une provocation", s'est indigné Jean-Paul Hamon. Pour Claude Leicher, président de MG France : "25 euros c'est aujourd'hui".

Vers une convention uniquement pour les généralistes ?

Finalement, personne n'est convaincu. Tous les syndicats s'étonnent par ailleurs de l'absence d'engagement chiffré pour la mise en place d'un forfait destiné notamment à l'embauche de secrétaires médicales, qui constituait une revendication forte de leur part.

"Nous travaillons d'abord à partir des enveloppes existantes et nous verrons s'il est possible d'y consacrer des moyens supplémentaires, dans la limite de l'équilibre global de la négociation", avait prévenu la veille Nicolas Revel.

Seule MG France, principale organisation de médecins généralistes, a décidé de poursuivre les négociations. "On a besoin d'une convention", a plaidé Claude Leicher. "On essaiera de trouver un accord jusqu'au bout".

Il reconnaît que 80 % des mesures visent "sa profession" et les médecins ne pratiquant pas de dépassement d'honoraires. Il évoque même la possibilité de signer une convention uniquement pour les médecins généralistes, comme solution de dernier recours.