Budget de la Sécurité Sociale : Agnès Buzyn détaille son plan

Le 12 octobre, la ministre était l\'invitée du Magazine de la santé.
Le 12 octobre, la ministre était l'invitée du Magazine de la santé.

Alors que l'Assemblée Nationale s'apprête à examiner le Projet de loi de Financement de la Sécurité sociale, la ministre de la Santé expose ses propositions pour réduire le déficit du système de soins. Elle avait évoqué ces pistes sur le plateau du Magazine de la Santé.

La chasse aux économies est lancée par la ministre de la Santé. Agnès Buzyn a évalué dimanche à 30% les dépenses de l'Assurance maladie "pas pertinentes" et a expliqué comment elle entend traquer les actes "inutiles" dans les hôpitaux. Alors que l'Assemblée nationale doit entamer demain l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS), la ministre détaille dans un entretien au Journal du dimanche quelques axes d'économies et de meilleure utilisation des ressources dans les hôpitaux.

Pour réduire de 3 milliards d'euros le déficit global de la Sécurité sociale en 2018, "il y a une marge de manœuvre énorme sans toucher à l’égalité des chances : 30% des dépenses de l’assurance-maladie ne sont pas pertinentes", assure la ministre de la Santé dans le quotidien du septième jour.

En 2017, le déficit cumulé du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse doit atteindre 5,2 milliards d'euros. La branche maladie resterait déficitaire de 800 millions d'euros.


Emission du 12 octobre 2017

Agnès Buzyn souhaite commencer par "favoriser l’ambulatoire". "En chirurgie, par exemple, l’objectif est qu’en 2022, sept patients sur dix qui entrent à l’hôpital le matin en sortent le soir, contre cinq aujourd’hui", explique la ministre. "Nous allons fermer les lits qui ne servent à rien ou les réorienter vers de nouveaux besoins" et "lutter contre les opérations inutiles ou les actes réalisés deux fois." Elle estime que les hôpitaux pourraient en outre "économiser un milliard d’euros en mutualisant certaines dépenses, comme les achats de médicaments".

Enfin, la ministre de la Santé explique sa méthode pour réformer le financement des hôpitaux en créant des "modes de tarification centrés sur la pertinence des soins", par exemple en octroyant "un bonus, un intéressement dès lors qu’ils répondront aux objectifs de qualité, de pertinence et d’efficience".

Parallèlement, elle entend renforcer la lutte contre les fraudes à l'Assurance maladie. "Il faut cesser d’être laxiste avec ceux qui abusent d’un système généreux", affirme-t-elle, en pointant notamment la hausse des arrêts de travail. "Jusqu’à quand l’assurance-maladie palliera-t-elle les défaillances du management au travail ?", interpelle Mme Buzyn. La Sécurité sociale "multiplie les contrôles en croisant les fichiers informatiques" et en 2016, la fraude détectée sur les cotisations et les prestations "s’est élevée à 1,2 milliards d’euros et le chiffre ne cesse de croître."

Avec AFP