Parmi ces accidents qui touchent les hôpitaux comme les cliniques, 400 sont considérés comme "évitables"

Une bonne désinfection des blocs opératoires indispensable pour éviter les complications après une opération
Une bonne désinfection des blocs opératoires indispensable pour éviter les complications après une opération (AFP / Philippe VALASSERIS)

C'est ce qu'indique la deuxième enquête nationale sur les événements indésirables graves liés aux soins (Eneis) réalisée auprès d'un échantillon représentatif d'établissements de soins aigus publics et privés, incluant 8.269 patients."Globalement, ça n'est pas brillant", convient Philippe Michel, co-auteur de l'étude.

C'est ce qu'indique la deuxième enquête nationale sur les événements indésirables graves liés aux soins (Eneis) réalisée auprès d'un échantillon représentatif d'établissements de soins aigus publics et privés, incluant 8.269 patients.

"Globalement, ça n'est pas brillant", convient Philippe Michel, co-auteur de l'étude.

"Mais cela ne doit pas masquer les progrès qui ont été faits, par exemple en anesthésie-réanimation ou contre les infections nosocomiales, c'est-à-dire contractées à l'hôpital", tempère M. Michel.

Médicaments et sites opératoires en cause
Chaque année, entre 275.000 et 395.000 "événements indésirables graves" (EIG) surviendraient dans les hôpitaux et les cliniques dont 95.000 à 180.000 "évitables", selon l'étude. "A cela s'ajoutent 330.000 à 490.000 admissions causées par un EIG dont 160.000 à 290.000 peuvent être considérés comme évitables", précise-t-il.

Les EIG évitables sont ceux "qui n'auraient pas eu lieu si les soins avaient été conformes à la prise en charge considérée comme satisfaisante au moment de leur survenue".

"20% des EIG évitables survenus à l'hôpital ou en clinique sont associés à des médicaments". Et, "les médicaments sont en cause dans quasiment la moitié des cas d'EIG ayant entraîné une hospitalisation", ajoute Philippe Michel.

Il évoque le problème des traitements anticoagulants où on n'enregistre guère de progrès, avec des traitements compliqués qui peuvent être difficiles à gérer par des patients âgés.

Autre tendance, "une augmentation des hospitalisations pour infections du site opératoire, qui peut être liée à l'identification au domicile d'une infection contractée dans un établissement de santé". "Mais cela peut être aussi la conséquence d'une mauvaise prise en charge des plaies opératoires en ambulatoire (hors de l'hôpital, ndlr)", dit-il.

Les événements indésirables liés aux soins considérés comme inévitables touchent plus fréquemment des patients fragiles, âgés, souvent déjà dans un mauvais état de santé.

Le plus souvent, l'événement indésirable entraîne un prolongement d'hospitalisation, mais le pronostic vital ou une incapacité à la sortie de l'hôpital peuvent être en jeu, voire plus rarement un décès.

Les EIG évitables
Les actes "invasifs" (pose de cathéter, de sonde, endoscopies..) et chirurgicaux sont à l'origine du plus grand nombre d'EIG évitables identifiés à l'hôpital, suivis des produits de santé (médicaments et dispositifs médicaux implantables : prothèses de hanche, implants oculaires, stimulateurs cardiaques...) et des infections nosocomiales.

Comme en 2004, l'étude pointe des "défaillances humaines des professionnels", moins souvent en lien avec des défauts de connaissance qu'avec des conditions de travail dégradées, "une supervision insuffisante des collaborateurs" ou encore une "mauvaise organisation" ou un "déficit de communication entre professionnels", note le Dr Michel.

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