Résidus de médicaments dans l'environnement : quels risques pour la santé ?

VIDÉO – Des résidus de médicaments se retrouvent inévitablement dans notre environnement. Pour la première fois, un congrès international qui se tient à Paris fait la synthèse des données scientifiques disponibles pour mieux identifier les risques sanitaires. Les explications d'Yves Lévi, professeur de santé publique-environnement à la faculté de Pharmacie de l'Université Paris-Sud.

  • D'où viennent ces résidus de médicaments ?

Yves Lévi : "Ils sont évacués naturellement par les hommes et les animaux traités par des médicaments. Il y a aussi les médicaments non-utilisés que les gens peuvent déverser directement, les rejets des stations d’épuration des villes, mais également les rejets des stations d’épuration des industries pharmaceutiques. Et donc cette dispersion générale finit par atterrir dans nos cours d'eau."

  • Les résidus de médicaments ne sont-ils pas filtrés par les stations d'épuration ?

Yves Lévi : "Les stations d'épuration n'ont jamais été construites pour éliminer toutes ces traces de micro-polluants. D'autant plus que ces médicaments viennent rejoindre la masse de tous les autres polluants que l'on retrouve aujourd'hui. Mais si le risque est significatif, il va falloir peut-être passer à des traitements supplémentaires. Comme ce qui a été fait en Suisse, par exemple."

  • Y-a-t-il un risque avéré pour la santé humaine ?

Yves Lévi : "Le congrès qui a été organisé par l'Académie de pharmacie à la demande du ministère de la Santé et du ministère de l'Environnement a pour objectif justement de faire le point au niveau mondial sur toutes les données qui existent pour évaluer les risques pour l'homme et pour l'environnement.

"Les risques pour l'homme viendraient de la présence de certaines traces de résidus de médicaments que l'on retrouve dans certaines eaux du robinet."

  • Peut-on agir pour limiter cette contamination ?

Yves Lévi : "Les patients peuvent rapporter leurs médicaments non-utilisés à la pharmacie. Les pharmacies ont l'obligation de les reprendre et de les confier à l'association Cyclamed qui va les détruire.

"Les prescripteurs doivent aussi prendre conscience de cette problématique et peuvent demander des informations sur chaque molécule afin de choisir, entre deux molécules de même efficacité, celle qui a le moins d'impact sur l'environnement. Mais la priorité est que le médicament protège la santé publique donc il ne faut pas prendre des mesures qui iraient à l'encontre de la santé publique."