Loi santé : les pharmaciens autorisés à délivrer certains médicaments sans ordonnance

Les clients d\'une pharmacie à Coutances (Manche), le 26 février 2019.
Les clients d'une pharmacie à Coutances (Manche), le 26 février 2019. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le feu vert de l'Assemblée nationale concerne des médicaments permettant de soigner certaines pathologies bénignes, comme des cystites ou certaines angines. 

Les députés ont autorisé les pharmaciens à délivrer, sous certaines conditions, des médicaments sous prescription médicale obligatoire pour des pathologies bénignes comme des cystites ou certaines angines. Il s'agit de pouvoir dépanner les patients en cas de petite urgence, quand leur médecin traitant n'est pas disponible en soirée ou le week-end. Ces ventes devront respecter un protocole mis en place par la Haute autorité de santé, après une formation et "avec une obligation de lien et d'information au médecin traitant", a précisé Thomas Mesnier (LREM), rapporteur du projet de loi Santé en cours d'examen à l'Assemblée, à l'origine de cette proposition.

"Il n'est pas question ici de donner un droit de prescription aux pharmaciens", a immédiatement prévenu l'élu. "Ce que nous souhaitons, c'est donner un accès aux soins supplémentaires aux Français avec la même qualité, la même sécurité pour des pathologies du quotidien comme l'angine ou la cystite, cette infection urinaire simple qui peut être traité avec une dose d'antibiotique", a plaidé le député.

"Le risque d'une médecine à deux vitesses" ?

Le député communiste Jean-Paul Lecoq a réclamé le retrait du texte évoquant "le risque d'une médecine à deux vitesses", mais sans être suivi. "Avec ce glissement des tâches entre médecins et pharmaciens, nous craignons que la médecine de droit commun ne soit réservée aux mieux lotis, ceux qui habitent dans les bons endroits, tandis que les citoyens relégués n'auront droit qu'à une médecine dérogatoire", a-t-il dénoncé. Mêmes réserves pour le député LR Jean-Pierre Door, qui estime que "la prescription sans acte médical pose question".

Cette disposition est inspirée du système suisse "Net Care", ainsi que d'expérience québécoises et écossaises permettant aux pharmaciens de dispenser des produits de santé de premier secours pour des situations simples en suivant des arbres de décision bâtis entre pharmaciens et médecins. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a promis de s'employer "à trouver un consensus entre pharmaciens et médecins, car nous n'avons pas pu, faute de temps, avoir une concertation sur le sujet". Elle a reconnu qu'il fallait encore "du travail pour que tout le monde soit confortable avec cette délivrance de médicaments".

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