La Haute autorité de santé recommande de ne plus rembourser les médicaments homéopathiques

Pour l\'instant, les médicaments homéopathiques sont remboursés à hauteur de 30% par la Sécurité sociale.
Pour l'instant, les médicaments homéopathiques sont remboursés à hauteur de 30% par la Sécurité sociale. (STÉPHANIE BERLU / FRANCE-INFO)

Les granules homéopathiques offrent "un service médical rendu insuffisant" selon la HAS.

La Haute autorité de santé (HAS) recommande de ne plus rembourser les granules homéopathiques, alors que leur efficacité est controversée, selon les informations de franceinfo jeudi 16 mai. La HAS a envoyé aux laboratoires fabriquant des médicaments homéopathiques son projet d'avis pour les informer. 

Après avoir étudié 1 200 médicaments homéopathiques, la Haute autorité de santé estime que ces granules offrent un "service médical rendu insuffisant". Elle demande donc que les médicaments homéopathiques, jusque-là remboursés à hauteur de 30%, ne le soient désormais plus du tout.

Avis définitif en juin

Cet avis avait été réclamé par la ministre de la Santé il y a plusieurs mois face à la montée de la polémique entre médecins pro et anti-homéopathie. 124 médecins avaient relancé le débat l'an dernier en qualifiant les homéopathes de "charlatans".

Désormais, lors d'une phase contradictoire, les laboratoires vont pouvoir répondre à la HAS, qui rendra son avis définitif en juin. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait par le passé annoncé qu'elle se rangerait à cet avis.

1 000 emplois menacés, selon Boiron

Les pro-homéopathie eux, s'insurgent. Selon eux, les granules ne coûtent que 130 millions d'euros par an à la Sécurité sociale, contre 20 milliards pour les médicaments classiques. Et il existe d'après eux, au minimum, un effet placebo. Pour les laboratoires Boiron, leader mondial du secteur, si l'homéopathie n'est plus remboursée, ce sont 1 000 emplois qui sont directement menacés.

Par ailleurs, dans un communiqué commun, trois laboratoires (Boiron, Lehning et Weleda) s'émeuvent de découvrir à travers un média la teneur d’un avis d’une agence indépendante qui devait être tenu confidentiel. Les laboratoires Boiron précisent à franceinfo qu'ils n'ont pas encore reçu le projet d'avis de la Haute autorité de santé. Boiron, entreprise française cotée, annonce "suspendre" son cours de bourse. 

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