L'Agence du médicament fait entrer des patients et les sciences humaines dans ses comités

Devant l\'Agence nationale de sécurité du médicament, à Paris, le 3 septembre 2018. 
Devant l'Agence nationale de sécurité du médicament, à Paris, le 3 septembre 2018.  (MAXPPP)

L'organisme lance un appel à candidatures sur son site. 

C'est une évolution de taille. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) va faire entrer les patients et les sciences sociales dans ses instances chargées d'émettre un avis sur les essais cliniques, les autorisations temporaires de médicaments ou encore leurs conditions de prescription.

L'organisme a ainsi publié, mercredi 27 février, sur son site, un appel à candidatures (qui peuvent être envoyées jusqu'au 3 avril) pour recruter les membres de ses 15 comités permanents, qui remplaceront à partir de cet été les 25 groupes de travail et les trois commissions consultatives actuelles.

"Cet appel à candidatures est destiné à recruter des experts externes dans tous les domaines relevant du champ de compétences de l'ANSM mais aussi en sciences humaines et sociales. Il est également ouvert aux représentants d'associations de patients et d'usagers agréées au niveau national ou régional", détaille l'agence.

"Les bonnes décisions se prennent dans la vraie vie"

"Les usagers ne seront plus là simplement pour être auditionnés ou pour donner leur avis, mais ils sont là pour participer à l'instruction des dossiers au même titre que les experts" scientifiques, souligne auprès de l'AFP Dominique Martin, directeur général de l'ANSM. Ces comités permanents, qui reprendront dans les grandes lignes les attributions des groupes de travail actuels, seront chargés d'émettre des avis sur des autorisations d'essais cliniques, des recommandations temporaires d'utilisation de certains médicaments ou encore la modification de notices, détaille-t-il.

"Il ne s'agit pas d'amoindrir la dimension scientifique [de ces avis] mais de l'enrichir avec le point de vue des usagers", a ajouté le dirigeant, estimant que "les bonnes décisions se prennent dans la vraie vie". Ces avis sont consultatifs, les décisions finales restant "de la responsabilité scientifique et juridique du directeur général", a rappelé Dominique Martin, tout en ajoutant qu'ils étaient "la plupart du temps suivis".

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