Faut-il vendre les antibiotiques à l'unité ?

Comment la vente d'antibiotiques à l'unité est-elle suivie ? Comment est-elle perçue par les patients et les pharmaciens ? Cette expérimentation, lancée il y a un an, a-t-elle atteint ses objectifs ? L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) réalisera cette fin d'année la première évaluation du dispositif.

Le dispositif de vente à l'unité, auquel vous avez peut-être participé avec votre pharmacien, a été mis en place en septembre 2014. Il s'agit de donner exactement le nombre de comprimés d'antibiotiques prescrit par le médecin. L'objectif est d'inciter chacun à mieux suivre son ordonnance pour éviter l'antibiorésistance des bactéries. Eviter le gâchis de comprimés permettrait aussi à la Sécu de faire des économies. 

Cette expérimentation concerne quatorze antibiotiques particulièrement menacés par les problèmes de résistance bactérienne. Elle durera trois ans. Une centaine de pharmacies, implantées dans quatre régions de France y participent depuis un an. L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en charge de l'évaluation, rendra ses conclusions au Parlement avant le 31 juillet 2017.

Le coût de cette distribution "sur mesure" sera comparé aux  économies réalisées par la sécurité sociale grâce à la facturation unitaire de chaque comprimé... Mais l'espoir est surtout de changer les comportements vis-à-vis des antibiotiques.

"Cette mesure va montrer que les antibiotiques sont des médicaments à part. Du coup, ce sera plus facile de faire comprendre aux patients pourquoi ce ne sont pas des médicaments à part et pourquoi il faut respecter les prescriptions, dans leur dosage et leur durée", explique le Pr Antoine Andremont, chef du service de bactériologie, à l'hôpital Bichat (AP-HP).

L'enjeu est majeur. Plus de 12.500 personnes meurent chaque année à cause de bactéries devenues résistantes à tous les antibiotiques.

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