Antibiotiques : attention aux effets secondaires des quinolones

Tendinites, troubles du rythme cardiaque, sensations de brûlures, voire convulsions… Les effets secondaires des quinolones, une catégorie d'antibiotiques régulièrement prescrits, sont bien connus. Or, suite à la persistance de signalements, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) souhaite rappeler les mesures de restriction et de surveillance à prendre.

Régulièrement utilisés pour traiter de nombreux types d'infections (urinaires, intestinales, génitales, ORL, cutanées), et sous diverses formes (administration orale ou injectable), les antibiotiques de la catégorie des quinolones présentent néanmoins de nombreux effets indésirables.

Suite à de nombreux signalements, l'Agence nationale de santé et de sécurité du médicament (ANSM) souhaite attirer l’attention sur l’information indispensable dont il faut tenir compte avant leur utilisation.

Les principaux effets indésirables

Les tendinopathies (lésions du tendon), liées à des quinolones, sont des effets indésirables rares, mais qui peuvent avoir des conséquences graves (rupture du tendon notamment). Il est donc très important que les patients ressentant les premiers signes consultent leur médecin sans attendre (douleur ou inflammation au tendon). Ces effets peuvent survenir dès les premières 48 heures d’exposition et jusqu’à plusieurs mois après l’arrêt du traitement et peuvent apparaître après une prise unique. Ils nécessitent l’arrêt du traitement et imposent de ne plus avoir recours ultérieurement à cette classe d’antibiotiques.

Chez les patients connus comme étant à risque de problèmes cardiaques et les personnes âgées, il est rappelé que des précautions d’emploi, voire des contre-indications s’imposent pour les quinolones ayant un potentiel d'allongement de l'intervalle QT (ndlr : donnée fournie par l'électrocardiogramme et évaluant la durée électrique de la contraction du cœur). Il est important d’inviter les patients à aller consulter immédiatement un médecin en cas de survenue de signes évocateurs d’une arythmie cardiaque (palpitations, impression de battements cardiaques rapides ou irréguliers).

Des neuropathies périphériques sensitives et sensitivo-motrices ont également été rapportées sous quinolones. Elles se traduisent par des sensations de brûlures, de fourmillements, de picotements, de douleur ou encore d’engourdissement, notamment au niveau des mains ou des pieds. Ces symptômes peuvent survenir rapidement après la prise du médicament. Dès l’apparition de symptômes évocateurs, il est important que le patient consulte son médecin, afin de prévenir une éventuelle évolution vers une atteinte irréversible.

Enfin, la prise de quinolones nécessite de se protéger du soleil ou des rayonnements UV afin d’éviter les réactions de photosensibilisation (brûlures cutanées), et ce, durant toute la durée du traitement et jusqu’à quelques jours après son arrêt.

Autres effets indésirables possibles

D’autres effets indésirables peuvent survenir, notamment en cas de prédisposition. Parmi eux, l’ANSM souligne en particulier le risque :

  • de convulsions,
  • de manifestations neuropsychiques pouvant dans de rares cas conduire à des suicides parfois même après une prise,
  • de réactions cutanées bulleuses graves,
  • d’aggravation d’une myasthénie,
  • d’effets hépatiques,
  • de troubles de la glycémie,
  • ou encore de troubles de la vision. Un ophtalmologiste doit être consulté immédiatement si la vision se dégrade.  

Dans tous les cas, l'apparition des symptômes ou effets secondaires décrits ci-dessus doit conduire le patient à consulter un médecin.
L’ANSM rappelle néanmoins qu’il n’est pas recommandé d'interrompre son traitement sans avis médical.

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