Accident de Millas : le somnifère pris par la conductrice mis en cause

Accident de Millas : le somnifère pris par la conductrice mis en cause
Accident de Millas : le somnifère pris par la conductrice mis en cause

La conductrice du car impliqué dans l’accident mortel de Millas prenait depuis sept ans de l’Imovane®, un médicament contre l’insomnie incompatible avec la conduite de véhicule, selon une information France Info.

Un médicament hypnotique impliqué dans l’accident de car de Millas ? En décembre 2017, une collision entre un car et un TER dans les Pyrénées-Orientales avait causé la mort de six collégiens. Selon une information France Info révélée le 4 avril 2019, de nouvelles pièces du dossier d’instruction mettent en cause le médicament contre l’insomnie que prenait la conductrice au moment des faits.
Il s’agit de l’Imovane® (Labratoires Sanofi), dont la substance active est la zopiclone. Ce somnifère apparenté aux benzodiazépines possède des propriétés hypnotiques, sédatives, anxiolytiques, myorelaxantes et amnésiantes.

Somnolence, torpeur, vision floue ou double

Selon la notice de l’Imovane®, la prise de ce médicament entraîne un "risque d’altération des fonctions psychomotrices, dont l’aptitude à conduire". Plus précisément, la notice demande aux prescripteurs de prévenir les patients de "ne pas entreprendre d’activités dangereuses requérant une vigilance totale ou une coordination motrice telles que […] la conduite de véhicules suite à la prise de zopiclone". En cause : un risque de "somnolence", d’ "allongement du temps de réaction", de "torpeur ", de "vertiges", de "vision floue ou double" et d’une "diminution de la vigilance" en particulier dans les 12 heures qui suivent l’administration de l’Imovane®. Une série d’effets secondaires qui justifie la présence sur la boîte de ce médicament d’un pictogramme rouge "Attention danger : ne pas conduire".

Sept ans de traitement au lieu de quatre semaines

Autre fait notable, la conductrice du car "se voyait prescrire le médicament depuis sept ans, dont deux années par le même médecin", rapporte France Info. Pourtant, la notice de l’Imovane® indique que "le traitement doit être aussi bref que possible" et qu’il "ne doit pas excéder quatre semaines". La posologie recommandée est ainsi de deux à cinq jours en cas d’insomnie occasionnelle et de deux à trois semaines en cas d’insomnie transitoire.

Dans cette affaire, la conductrice du car a été mise en examen pour "homicides et blessures involontaires". Suite aux révélations faites sur la prise d’Imovane®, les avocats des familles de victimes envisageraient d'interroger le médecin de la conductrice et éventuellement de le mettre en examen.

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