Zika : la transmission du virus par un baiser est improbable

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Le virus Zika, qui se transmet par des piqûres de moustique ou des rapports sexuels, ne peut vraisemblablement pas s'attraper par un simple baiser ni en utilisant les couverts d'une personne infectée, selon une étude publiée le 1er août et menée sur des singes.

Cette étude publiée dans la revue Nature Communications montre que le virus peut entrer dans le corps par la bouche mais qu'une infection par la salive d'un malade est improbable, car le virus n'y est pas assez concentré. "D'autres fluides corporels, comme le lait maternel ou le sperme, peuvent contenir plus de virus que la salive", a expliqué à l'AFP l'auteur principal de l'étude, Thomas Friedrich, professeur de virologie à l'Université du Wisconsin. "Notre étude montre que la transmission du Zika par les baisers ou en partageant des couverts est peu probable (...) mais nous ne connaissons pas le risque que représente le sexe oral ou l'allaitement maternel", a-t-il poursuivi.

L'étude a été menée sur des macaques car ils sont physiologiquement proches de l'homme, y compris dans la manière dont ils sont infectés par le virus. "Nous pensons que nos résultats s'appliquent aux hommes", a souligné le professeur Friedrich.

Cette étude a été menée pour savoir si le Zika pouvait se transmettre par la salive, comme un cas observé dans l'état américain de l'Utah l'an dernier avait pu le laisser craindre. Un homme avait contracté le virus en s'occupant de son père mourant.

Risque infime que le virus se transmette par la salive

La recherche s'est déroulée en deux temps. D'abord, un échantillon de virus extrêmement concentré et cultivé en laboratoire a été appliqué sur les amygdales de trois macaques. Tous ont été infectés, ce qui prouve que le virus peut se transmettre par la bouche.

Dans un deuxième temps, les chercheurs ont voulu vérifier si un malade infecté par une piqûre de moustique pouvait transmettre le virus via sa salive. Des macaques ont été infectés par injection, pour imiter une piqûre de moustique. Leur salive a ensuite été prélevée et appliquée sur les amygdales, les narines ou les yeux d'autres singes. Aucun d'entre eux n'a été infecté.

"Le cas observé dans l'Utah montre qu'un nombre très réduit de personnes peuvent avoir des niveaux de virus beaucoup plus élevés dans leur sang et leurs fluides corporels que le commun des mortels. La salive de ces individus très rares peut représenter un risque, mais il est infime", a noté le professeur Friedrich.

Dans le cas observé dans l'Utah, la concentration de virus dans le sang du père était 100.000 fois supérieure à celle de la plupart des malades. 

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