VIDEO. "C’est comme avoir deux poignards dans l’utérus" : Atteinte de l’endométriose, elle raconte son combat quotidien

BRUT

Julie-Saint Clair a été diagnostiquée atteinte de l’endométriose à 16 ans. Une maladie méconnue, mais qui touche pourtant une femme sur dix en âge de procréer. Brut l’a rencontrée.

Elle compare la douleur que lui provoque cette maladie à deux poignards enfoncés dans l’utérus. Cette maladie - chronique et exclusivement féminine - c’est l’endométriose, dont Julie Saint-Clair a été diagnostiquée à l’adolescence. "C’est une maladie qui se caractérise par la présence de cellules de l’endomètre, donc du tissu qui tapisse l’utérus, et ces cellules-là sont au mauvais endroit", explique la jeune femme. Sous l’effet des hormones, au cours du cycle menstruel, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse et, s’il n’y a pas fécondation, se désagrège et saigne. Un phénomène naturel mais qui ne se passe pas normalement chez les femmes atteintes d’endométriose. "Quand on a une endométriose, une partie de ces cellules migrent en sens inverse", provoquant ainsi une terrible douleur et pouvant avoir de graves conséquences. "Elles vont se coller sur différents organes et parfois, peuvent même remonter jusqu’aux yeux ou aux poumons", explique Julie Saint-Clair.

Un handicap physique et social

Outre la constante douleur que lui provoque l’endométriose, Julie Saint-Clair a été contrainte d’adopter un rythme de vie très particulier. Un véritable handicap. "Je dois vraiment avoir une routine régulière, me coucher tôt […] avec l’endométriose, il faut avoir une routine très particulière", confie-t-elle. La jeune femme raconte, par exemple, devoir se lever plus tôt le matin pour faire des exercices visant à apaiser la douleur, "tout un rituel de gestion de l’endométriose."

Julie Saint-Clair confesse également avoir de grandes difficultés à rester assise trop longtemps. Un problème, notamment dans son cursus scolaire, à l’image de nombreuses étudiantes. "J’ai discuté avec certaines filles qui s’effondraient en cours de douleur", explique-t-elle. Parmi les femmes atteintes d’endométriose, près de 40 % rencontrent des difficultés à avoir des enfants. "Mais en dehors du fait de ne pas réussir à concevoir un enfant, il y a aussi les problèmes sociaux", regrette la jeune femme. "Une femme qui ne peut pas avoir de relations sexuelles parce que c’est douloureux, créera, sans le vouloir, des tensions dans le couple et il y a beaucoup de couples qui se séparent à cause de ça justement."


Pour l’heure, aucun traitement spécifique pour soigner l’endométriose n’a été découvert. Julie Saint-Clair s’inquiète de la prescription quasi systématique de certains médicaments qui peuvent avoir des effets secondaires néfastes pour la santé. Afin d’aider ses semblables, elle a, de son côté, écrit le livre "Comment s'épanouir malgré une endométriose", dans lequel elle donne de nombreux conseils pour aider ces femmes au quotidien.

Vous êtes à nouveau en ligne