Malgré un nouveau décès dû à la rougeole, certains parents rejettent toujours toute idée de vaccin

Un médecin injecte un vaccin à un bébé (illustration).
Un médecin injecte un vaccin à un bébé (illustration). (FRED TANNEAU / AFP)

Même si le vaccin contre la rougeole est obligatoire, certains parents sont prêts à ne pas scolariser un enfant pour éviter les visites médicales et les contrôles.

Une nouvelle personne est morte de la rougeole en France cette année, a dévoilé l'agence Santé publique France mercredi 13 mars. Trois patients en étaient morts l'an passé. À chaque fois, les victimes ne sont pas vaccinées. Malgré un consensus médical sur l'utilité de la vaccination et les consignes des autorités, certains parents refusent encore le vaccin contre la rougeole.

Pas d'école pour éviter les visites médicales

C'est le cas de Nelly, une jeune mère parisienne de deux fils âgés de 3 et 6 ans : "J'ai signé une pétition qui posait la question de la sécurité sanitaire des vaccins". Il est hors de question pour elle de faire vacciner un nouvel enfant, même si c'est désormais obligatoire. "Si jamais j'en ai un autre, je ne le mettrai peut-être pas à l'école." Nelly serait ainsi prête à ne pas scolariser un enfant pour éviter les visites médicales et les contrôles.

Ce médecin généraliste du 12e arrondissement aurait un message pour elle si elle venait consulter : "Je ne vais pas piquer son enfant de force, mais je lui dis que c'est obligatoire, je lui expliquerais les risques."

C'est un vaccin qui marche très bien et puis qui n'est pas dangereux, donc on a tout intérêt à le faire.Un médecinà franceinfo

Mais ces parents-là, ce docteur en voit très peu. Certains posent des questions, mais les refus sont rarissimes. "S'ils ne veulent pas faire vacciner leurs enfants, ils ne viendront pas me voir, tout simplement", explique-t-il. Amélia, une de ses patientes, préfère suivre ses conseils. Elle suit de très près les carnets de vaccination de ses trois enfants. "Ils ont tous les vaccins, à jour."

Même son de cloche pour Hakan, qui ne comprend pas les réserves de certains : "Moi je pense qu'il faut se vacciner." C'est, selon lui, dû à un changement d'époque, où tout savoir vertical est remis en cause : "C'est lié aussi à la génération. Avant, quand le médecin disait 'il faut faire tel vaccin ou tel traitement', on ne se posait pas la question, on ne discutait pas avec lui." Les médecins rappellent aussi l'importance pour les jeunes adultes de 15 à 40 ans de vérifier s'ils sont bien vaccinés contre la rougeole et de le faire si ce n'est pas le cas.

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