Les problèmes de santé mentale coûtent 80 milliards d'euros à la France, selon l'OCDE

Une femme se tient la tête, illustration. 
Une femme se tient la tête, illustration.  (MARION GROENING/SZ / DPA)

Selon l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la France perd 3,7% de son PIB à cause des problèmes de santé mentale. Cela touche particulièrement les chômeurs et les retraités. 

Les problèmes de santé mentale coûtent à la France 80 milliards d'euros par an, soit 3,7% points de son PIB, selon le rapport annuel de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) sur la Santé en Europe publié jeudi 22 novembre. 

55 milliards liés aux soins

L'OCDE a établi un panel très large de personnes ayant des problèmes de santé mentale : des schizophrènes jusqu'aux personnes souffrant de déprime légère ou celles dépendantes à l'alcool. L'OCDE a calculé combien ces personnes coûtaient sur le plan médical et social en prenant en compte plusieurs critères : les consultations médicales, les hospitalisations, les médicaments, les arrêts maladie, mais aussi les indemnités chômage. Quand on a des problèmes de santé mentale, on a un quart de risque de plus d'être au chômage. 

Dans ce rapport, l'OCDE a aussi pris en compte les coûts indirects comme la perte de productivité. Quand un salarié déprimé est au bureau, il n'a pas vraiment la tête au travail et il est donc moins productif. Sur les 80 milliards, plus de 25 milliards d’euros sont des coûts indirects liés à un taux d’emploi et à une productivité plus faible parmi les personnes qui ont un problème de santé mentale.

L'OCDE prône plus de prévention

 La France ne se démarque pas par rapport à ses voisins européens. Les problèmes de santé mentale coûtent très cher aussi à l'Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, à l'Espagne et à l'Italie. Pour réduire ces coûts, l'OCDE recommande à la France, mais aussi à ses voisins européens, de mettre davantage l'accent sur la prévention des problèmes de santé mentale, sur les diagnostics précoces. Plus un patient est pris en charge tôt, moins son état se dégrade. L'OCDE recommande aussi à la France de s'intéresser en particulier à deux publics, parmi les plus touchés, les chômeurs et les retraités.  

Vous êtes à nouveau en ligne