Le paludisme serait apparu en Afrique il y au moins 20 000 ans

Un enfant victime du paludisme est examiné par un pédiatre dans un hôpital de Luanda, en Angola, le 22 février 2018.
Un enfant victime du paludisme est examiné par un pédiatre dans un hôpital de Luanda, en Angola, le 22 février 2018. (AMPE ROGERIO / AFP)

Selon une étude de l’Institut Pasteur et du CNRS, la maladie transmise par un moustique ne serait pas arrivée en même temps que l’agriculture, il y a 4 à 5000 ans, comme ce qui était communément admis jusqu’alors.

C’est en menant une analyse sur le génome de 479 personnes originaires de 13 populations d’Afrique subsaharienne, que les chercheurs du CNRS et de l'Institut Pasteur ont pu révéler que le paludisme y serait apparu il y a 20 000 ans.

En datant la mutation génétique βS qui cause la drépanocytose, anémie chronique souvent mortelle pour les jeunes enfants mais conférant une "résistance accrue aux infections paludéennes", selon l'étude, ils ont conclu que le paludisme était apparu bien avant l’arrivée, il y a 4 à 5000 ans, de l’agriculture.

"La date d’apparition (de la mutation) correspond en réalité à la date minimum d’apparition du paludisme", précisent les chercheurs dans leurs travaux publiés le 28 février dans la revue scientifique The American Journal of Human Genetics (lien payant).

435 000 morts chaque année

Le paludisme fait des ravages en Afrique : 200 millions de cas y ont été enregistrés en 2017 (219 millions dans le monde), selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Parmi les pays les plus touchés sur le continent, figurent le Nigeria, Madagascar, la République démocratique du Congo et l'Ouganda. La maladie se transmet par les piqures d'Anophèles, moustiques porteurs du parasite Plasmodium falciparum.

435 000 personnes en sont mortes en 2017, selon l'OMS, parmi lesquelles 266 000 enfants de moins de cinq ans.

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