Hépatite C : faut-il instaurer un dépistage généralisé ?

En France, 75.000 personnes seraient infectées par le virus de l’hépatite C sans le savoir. Pour y remédier, des spécialistes plaident pour un dépistage systématique.

Guérir l’hépatite C en quelques semaines seulement, c’est désormais possible grâce à l’arrivée sur le marché de nouveaux traitements. Une nouvelle donne qui pose la question du dépistage de la maladie. A l’heure actuelle, seules certaines populations à risque sont ciblées en raison de leurs addictions ou de leurs pratiques sexuelles. Mais selon Dr Françoise Roudot-Thoraval, hépatologue à l’hôpital Henri Mondor (AP-HP), 20 à 30% des personnes infectées par le virus de l’hépatite C sans le savoir ne font pas partie des populations à risque, ciblées par le système de dépistage actuel. Il s‘agit notamment de femmes ayant eu un bébé à la fin des années 80, et qui ont pu être contaminées lors d’une transfusion sanguine, pratique fréquente à l’époque après l’accouchement.

Ces personnes peuvent vivre des années avec le virus, sans aucun symptôme. Et pourtant, elles risquent de développer des complications sévères, voire une cirrhose ou un cancer du foie. Pour y remédier, les spécialistes plaident pour l’organisation d’un dépistage systématique (prise de sang ou test rapide) pour toutes les personnes âgées de 18 à 80 ans. Pr Yazdan Yazdanpanah, infectiologue à l’hôpital Bichat (AP-HP), explique que le coût de cette mesure serait rapidement compensé car la prise en charge des complications de l’hépatite C, qui peuvent aboutir à une greffe de foie, est très coûteuse. Selon ce spécialiste, cette mesure permettrait surtout d’éradiquer l’hépatite C en France d’ici 10 ans.

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