L'épidémie de grippe particulièrement précoce cette année

Un patient reçoit un vaccin contre la grippe, le 8 octobre 2015, à Lille.
Un patient reçoit un vaccin contre la grippe, le 8 octobre 2015, à Lille. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

La grippe sévit davantage depuis quelques jours. La maladie a déjà dépassé son seuil épidémique avec 192 cas pour 100 000 consultations.

Toute la France est désormais touchée par la grippe. Le seuil épidémique a été dépassé durant la semaine de Noël dans les 13 régions de métropole avec 192 cas pour 100 000 consultations. L'épidémie est particulièrement "précoce" cette année, souligne la Direction générale de la santé, qui rappelle sur son site les bons gestes pour se protéger et limiter la transmission du virus. "On a eu un gros pic avant Noël, depuis une quinzaine de jours surtout chez des gens jeunes, entre 15 et 30 ans, qui en général ont moins été soumis à d'autres virus de la grippe dans le temps et qui ont donc une immunité moins importante que des personnes plus âgées qui ont déjà fait une immunité", constate le docteur Jean-Marc Pinot, généraliste depuis une trentaine d'années, installé dans le 15e arrondissement de Paris.

Un virus particulièrement violent

Courbatures, fièvre, nez qui coule, maux de tête, pour les patients qui n'ont pas d'autre affection le traitement se résume à une prise de paracétamol, beaucoup d'eau et une bonne dose de patience face aux huit jours d'abattement à prévoir. Dans son cabinet, le docteur Pinot reçoit des patients qui ne voient pas toujours l'utilité de se faire vacciner contre la grippe, même si cette vaccination est recommandée et gratuite. Une erreur selon lui. Car même si le vaccin met près de deux semaines avant d'être efficace, cela vaut encore le coup de le faire, assure-t-il. "Le danger c'est que le virus touche des personnes âgées non vaccinées, ou les femmes enceinte. Là il a un potentiel plus dangereux parce qu'a priori, on a affaire au virus H3N2, qui est le même virus qu'il y a deux ans et qui a été particulièrement violent", prévient le médecin. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a également appelé les Français à se faire vacciner. Selon l'institut de veille sanitaire, le virus H3N2 avait provoqué une surmortalité de plus de 18 000 personnes l'an passé. 

Le reportage de Jérôme Jadot dans le cabinet du docteur Jean-Marc Pinot, à Paris.
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