Grippe aviaire : notre avenir est "très incertain", selon une productrice de foie gras

Environ 800 000 animaux sont concernés par la première phase d\'abattage, dans le sud-ouest de la France.
Environ 800 000 animaux sont concernés par la première phase d'abattage, dans le sud-ouest de la France. (LE DEODIC DAVID / MAXPPP)

Marie-Hélène Cazaubon, éleveuse et élue FDSEA des Landes, a expliqué, vendredi sur franceinfo, que l'abattage de milliers de canards pour endiguer l'épidémie de grippe aviaire, est un coup dur pour les exploitations malgré la promesse d'être indemnisé.

L’abattage de centaines de milliers de canards a commencé pour tenter d’endiguer l’épidémie de grippe aviaire dans le sud-ouest de la France. 150 communes des départements du Gers, des Hautes-Pyrénées, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques sont concernées. Ce nouvel épisode d’abattage est un coup dur pour les éleveurs.

"C’est très difficile à vivre", a réagi Marie-Hélène Cazaubon, présidente de la commission Agricultrices de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) des Landes, vendredi 6 janvier sur franceinfo. Ses 9 000 animaux vont être abattus. Concernant son avenir financier, il reste "très incertain", a expliqué la productrice à Montsoué dans les Landes.

Une indemnisation pour chaque animal abattu

La situation inquiète aussi les pouvoirs publics. "Une réunion publique avec tous les acteurs de la filière a été organisée par le préfet des Landes, jeudi", a déclaré Marie-Hélène Cazaubon. Lors de cette entrevue Frédéric Perissat, le préfet des Landes, a fait la promesse que pour "tous les animaux qui seraient abattus, nous serions indemnisés", a rapporté l'éleveuse.

Cependant, l'élevage "n’est qu’une partie de notre travail", a précisé Marie-Hélène Cazaubon. Mon travail c’est d’engraisser les animaux et de faire du foie gras. De ce côté-là, je n’ai aucune certitude". Après la fin de l'abattage, prévu autour du 20 janvier, des analyses seront effectuées. 

Ce qui est très difficile, c’est de ne pas savoir à quel moment on pourra reprendre notre activitéMarie-Hélène Cazaubon
productrice dans les Landes
à franceinfo

"Nous sommes concernés par une zone dite de sécurité, a poursuivi l'élue de la FDSEA des Landes. Nous n’avons pas de cas déclarés sur mon secteur, mais à 10 kilomètres de chez moi, si". Malgré cela, "les pouvoirs publics ont décidé la mise en place de ces mesures de dépeuplement, en supprimant les animaux présents car ils ont été élevés en plein air", a indiqué la productrice de foie gras.

"C’est très insidieux comme circulation de virus, a reconnu Marie-Hélène Cazaubon. Tout le monde a eu l’impression de pouvoir résoudre la situation. Or, l'hiver est une période où il y a beaucoup d’animaux sur les exploitations. C'est la période des conserves. C’est ce qui fait entre autres, que l'épidémie s’est développée plus facilement".