Et si l'anorexie n'était pas seulement une maladie psychiatrique ?

Les chercheurs ont ainsi découvert huit variantes génétiques associées à cette maladie
Les chercheurs ont ainsi découvert huit variantes génétiques associées à cette maladie

L’anorexie aurait des origines génétiques. La majorité des malades présenteraient en effet une mutation qui influencerait leurs niveaux de sucres et de graisses.

Dans la tête, l’anorexie ? Pas seulement. Des chercheurs anglais et américains viennent de découvrir que les causes de cette maladie seraient certes psychiatriques, mais également génétiques. L’étude, menée par des chercheurs du King’s College de Londres et de l’Université de Caroline du Nord, a mobilisé plus de 100 scientifiques. Ceux-ci ont compilé des données issues de deux groupes spécialisés dans la recherche sur l’anorexie. Ils ont ainsi observé 16.992 cas provenant de 17 pays d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Océanie. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Nature Genetics le 15 juillet.

Les chercheurs ont ainsi découvert huit variantes génétiques associées à cette maladie mortelle. Certaines de ces mutations influent sur le métabolisme, en particulier sur les niveaux de sucres dans le sang et sur l’accumulation des graisses. D’autres mutations influencent le niveau d’exercice physique chez les malades, ce qui pourrait expliquer pourquoi de nombreuses personnes anorexiques sont si actives.

Un déséquilibre général

L’anorexie se caractérise par une restriction alimentaire et par un refus de prise de poids. Certains malades peuvent perdre jusqu'à 50% de leur poids initial. L'organisme est alors complètement perturbé : les cycles hormonaux se déséquilibrent, avec souvent une interruption des règles.

Au niveau physiologique, le cœur se fatigue, et la carence en potassium perturbe son fonctionnement. La tension artérielle baisse. Les personnes anorexiques sont en hypothermie, toujours très frileuses. Enfin, le transit intestinal ralentit, ce qui renforce le manque d'appétit. Les défenses immunitaires des malades diminuent et le risque d'infections augmente.

Seuls 30 à 40% des malades en guériraient

L’anorexie affecte environ 2% de la population féminine et jusqu’à 0,4% de la population masculine. La maladie touche principalement des adolescents, mais elle peut durer des décennies. En France, 10% des patients anorexiques décèdent. D’après les auteurs de l’article, identifier les causes de cette maladie pourrait permettre d’expliquer pourquoi il est si difficile d’en guérir. Seuls 30 à 40% des malades sortiraient de cette spirale.

Selon les résultats des chercheurs du King’s College de Londres et de l’Université de Caroline du Nord, l’anorexie pourrait donc être un hybride, une maladie "métabolico-psychiatrique". Les scientifiques espèrent, grâce à leurs travaux, aider les médecins à développer de nouveaux protocoles de soins pour les patients souffrant de troubles du comportement alimentaire.

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