Le virus Ebola a fait 120 morts parmi les personnels de santé

La construction d\'un centre de santé à Kenema, en Sierra Leone, le 25 août 2014.
La construction d'un centre de santé à Kenema, en Sierra Leone, le 25 août 2014. (MOHAMMED ELSHAMY / ANADOLU AGENCY / AFP)

Les médecins sont trop peu nombreux, surchargés de travail et mal équipés pour affronter le virus meurtrier.

L'épidémie d'Ebola a tué jusqu'à présent 120 membres des personnels de santé, déplore lundi 25 août  l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "A ce jour, plus de 240 travailleurs de la santé ont développé la maladie en Guinée, au Nigeria et en Sierra Leone, et plus de 120 sont morts", indique-t-elle dans un communiqué.

Une épidémie différente des précédentes

Plusieurs facteurs expliquent cette "proportion élevée" de personnels médicaux infectés, selon l'OMS, qui cite la pénurie d'équipements de protection individuelle (masques et gants) et leur mauvaise utilisation, le nombre largement insuffisant de médecins et la surcharge de travail des médecins qui sont donc plus enclins à faire des erreurs.

En outre, souligne l'OMS, "bon nombre des plus récentes épidémies d'Ebola ont eu lieu dans des zones reculées, dans une partie de l'Afrique qui est plus familière avec cette maladie, et avec des chaînes de transmission qui étaient plus faciles à suivre".

"L'épidémie actuelle est différente", insiste l'OMS, qui explique que les médecins et les habitants des pays affectés ne sont pas "familiers avec la maladie", ce qui fait régner la "peur dans des villages et des villes entières".

"Les premiers symptômes de plusieurs maladies infectieuses endémiques dans la région, comme la malaria, la fièvre typhoïde et la fièvre de Lassa, sont similaires à ceux du virus Ebola. Les patients infectés ont souvent besoin de soins d'urgence. Leurs médecins et infirmières peuvent n'avoir aucune raison de soupçonner qu'il s'agit d'Ebola et ne voient pas la nécessité de prendre des mesures de protection", poursuit l'OMS.

Un à deux médecins pour 100 000 habitants

Selon le dernier bilan de l'OMS, arrêté au 20 août, la fièvre hémorragique a fait au total 1 427 morts (confirmés, probables ou suspects) dont 624 au Liberia, 406 en Guinée, 392 en Sierra Leone et 5 au Nigeria.

Dans les trois pays les plus touchés, l'OMS estime que seul un à deux médecins sont disponibles pour 100 000 habitants, surtout dans les villes, alors que l'épidémie d'Ebola affecte également les zones rurales.

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