Ebola : le Liberia s'inquiète après l'évasion d'au moins 17 malades d'un centre d'isolement

Des personnes marchent sous la pluie dans une rue de Monrovia, le 17 août 2014, après la fuite de 17 personnes d\'un centre d\'isolement.
Des personnes marchent sous la pluie dans une rue de Monrovia, le 17 août 2014, après la fuite de 17 personnes d'un centre d'isolement. (ZOOM DOSSO / AFP)

Le centre, situé à Monrovia, a été attaqué et saccagé par des hommes armés de couteaux et de gourdins.

Monrovia traque 17 malades atteints du virus Ebola. Ces derniers restent activement recherchés dans la capitale du Liberia, lundi 18 août, après leur évasion d'un centre d'isolement attaqué et pillé par des habitants. L'épisode renforce encore un peu plus l'inquiétude dans le pays le plus frappé par l'épidémie.

Selon les autorités sanitaires, 17 patients testés positifs au virus Ebola ont fui le centre d'isolement, récemment installé dans un lycée de West Point, une banlieue de la capitale. "Le pire est que ceux qui ont pillé le centre ont pris des matelas et des draps souillés des fluides venant du corps des malades", a déclaré le ministre de l'Information, Lewis Brown. Il a évoqué la possibilité d'une mise en quarantaine du quartier d'environ 75 000 habitants, comme c'est déjà le cas pour trois provinces du nord du pays.

"Cette affaire d'Ebola, on n'y croit pas"

Une équipe de recherche constituée par les jeunes du quartier n'a pas retrouvé les 17 disparus. "On a fouillé partout dans le quartier, mais en vain. Ceux qui les ont vus passer disent qu'ils sont partis vers d'autres quartiers", a affirmé le président des jeunes de West Point. Selon des témoins, les assaillants criaient des slogans hostiles à la présidente Ellen Johnson Sirleaf et assuraient qu'"il n'y a pas d'Ebola" dans le pays. "Cette affaire d'Ebola, on n'y croit pas", a lâché à l'AFP un jeune riverain.

A Caldwell, dans la province de Monrovia, des habitants ont imputé la propagation de l'épidémie à l'incurie du gouvernement, dénonçant sa lenteur à évacuer les corps. "Nous avons dit au gouvernement, à plusieurs reprises, que la façon dont il faisait face à ce problème d'Ebola était complètement erronée", a déclaré le père d'un présumé malade décédé, dont le corps n'a été retiré qu'au bout de trois jours, entraînant la fuite de son épouse vers une destination inconnue. La fracture semble s'élargir chaque jour entre les habitants et le gouvernement.

Avec 413 morts sur un total de 1 145 victimes en Afrique de l'Ouest, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Liberia a déjà payé un lourd tribut. Il est devenu le pays le plus touché, devant la Sierra Leone et la Guinée, depuis l'instauration de l'état d'urgence le 6 août.

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