DMLA : pourquoi Roche refuse l'utilisation de son propre traitement ?

L'information a été confirmée fin août : l'Avastin®, traitement du cancer développé par le laboratoire Roche, pourra être utilisé pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA)... contre l'avis du fabricant. Ce traitement est facturé trente fois moins cher que le Lucentis®, traitement de la DMLA dont le brevet est entre les mains du même laboratoire.

Pour la première fois, l'utilisation temporaire d'un médicament est décrétée sans l'accord du laboratoire fabricant. Car le refus de Roche relève d'arrangements strictement financiers avec son concurrent Novartis, fabricant du très coûteux Lucentis®. Les deux firmes sont soupçonnées d'accords illégaux, faussant la concurrence. L'affaire est en cours depuis 2014, date à laquelle l'autorité de la concurrence a perquisitionné les locaux des laboratoires. Une procédure rarissime.

A l'origine, le Lucentis® a été développé par Roche, qui a finalement laissé sa commercialisation à Novartis, lequel lui verse des royalties sur les ventes réalisées. Il est facile donc de comprendre pourquoi Roche s'oppose à l'utilisation de son propre médicament. D'autant plus que les intérêts financiers des deux laboratoires sont étroitement liés : Novartis détient un tiers du capital de Roche.

L'industrie pharmaceutique européenne contre la décision du gouvernement français

Le 1er septembre, la Fédération Européenne des Industries et Associations Pharmaceutiques (EFPIA) a annoncé avoir déposé une plainte auprès de la  Commission européenne contre la décision du gouvernement français d'encourager l'utilisation de l'Avastin® pour la DMLA. Dans un communiqué, Richard Bergstrom, directeur général de l'EFPIA, juge "[qu’il]  n'est tout simplement pas acceptable que les dirigeants politiques préoccupés par le niveau des dépenses de santé passent des lois qui, non seulement contredisent la législation  de l'Union européenne (UE), mais aussi mettent en péril  l'ensemble du système de régulation de l'UE visant à garantir  aux patients les normes de sécurité les plus élevées".

"L'industrie pharmaceutique", poursuit-il, appelle collectivement la Commission européenne à régler d'urgence cette question de santé publique et à préserver les garanties qui ont été mises en place."

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