VIDEO. Coronavirus : Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, met en garde contre les scientifiques qui "utilisent les recettes du populisme"

FRANCE INTER / RADIOFRANCE

Martin Hirsch vise directement notamment le professeur Didier Raoult qui, selon lui, utilise "des vieilles ficelles, qui sont les ficelles complotistes".

"Dans la période actuelle, on a intérêt collectivement à tirer des enseignements", avertit mardi 25 août sur France Inter le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) Martin Hirsch, qui sort un livre sur la crise du Covid intitulé L’énigme du nénuphar : face au virus (Stock). "Il faut mesurer le fait qu'une parole au micro de dire ceci sur les masques ou ceci sur l'hydroxychloroquine a un impact majeur, elle contribue à l'évolution de l'épidémie. Je pense qu'il y a un message pour tout le monde, un message pour nous-mêmes aussi."

Le directeur général de l'AP-HP met en cause certains scientifiques, qu'il appelle les "scientificiens populistes", et qui ont contribué à faire entrer "le populisme" dans la science. "Jusqu'à présent, la science était une sorte de rationalité contre le populisme. Et quand la science devient elle-même irrationnelle et utilise les recettes du populisme, c'est quelque chose de nouveau", explique Martin Hirsch. "On a vu des dérives individuelles, mais on n'a jamais vu, comme on a vu à ce printemps, une pénétration aussi forte sur les comportements d'une attitude de quelques scientifiques."

Ne pas "censurer", privilégier une solution "collégiale"

Il estime par exemple que le professeur Didier Raoult utilise "des vieilles ficelles, qui sont les ficelles complotistes".

La première chose, c'est de dire : 'Attention, tous vendus sauf moi', et donc de décrédibilisation du système.  

Martin Hirsch, le directeur général de l'AP-HP

à France Inter

"Et puis la deuxième chose, c'est la pensée par identification, de dire : 'Je pense comme vous, vous vous avez l'habitude d'être critiqué, si jamais quelqu'un me critique, ça veut dire que j'ai raison'. Et la population est en général le réceptacle en période de crise", explique Martin Hirsch. "S'il y a un deuxième Raoult, ça marchera aussi bien, sauf s'il y a un peu plus de responsabilité dans la parole collective."

Martin Hirsch appelle à une solution "collégiale" pour éviter ces différences de discours entre plusieurs scientifiques. "Il faut à la fois ne pas censurer, mais d'un autre côté ne pas laisser" chacun parler "par individualisme". "La solution à mes yeux, c'est qu'on aide les scientifiques à faire la même chose au micro qu'ils font dans leurs laboratoires ou leurs colloques. À se mettre d'accord sur un certain nombre de messages et à laisser les autres dire 'dans le collège dans lequel j'étais, on pense que, et moi permettez-moi de donner mon opinion dissidente'. Mais pas d'avoir chaque opinion qui se vale pour qu'on ne s'y repère plus."

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