VIDEO. Coronavirus : à Madrid, la grande patinoire transformée en morgue est devenue le symbole de la crise sanitaire en Espagne

FRANCK BALLANGER / RADIO FRANCE

Madrid est submergée par l'épidémie de coronavirus avec des records de personnes qui décèdent chaque jour.

Le Palacio de Hielo, palais de glace, la grande patinoire de Madrid, est devenu le symbole de l'épidémie de coronavirus qui submerge les pompes funèbres en Espagne. Convertie en morgue où l'on transporte les corps récupérés dans les hôpitaux et les maisons de retraite, la patinoire olympique est située non loin de la foire commerciale de la ville. C'est ici que l'armée a aménagé un hôpital de campagne pour accueillir jusqu'à 5 000 malades du coronavirus pour soulager les hôpitaux de la capitale qui sont au-delà de la saturation.

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En Espagne, c'est un record quotidien de morts, dont une majorité dans la capitale. Madrid a compté 769 morts en 24 heures, entre le jeudi 26 mars et vendredi 27 mars. Les services funéraires ne peuvent plus suivre. Certains ont vu leurs employés contaminés, faute de protection adéquate. Alfredo Gonçalves, le patron des services funéraires, lui-même en quarantaine, salue l’engagement des employés du secteur : "Nous avons, une charge de travail excessive. Ce sont des journées de 18 heures, les personnels travaillent sans prendre un jour de repos. Des renforts ont dû venir de province prêter main forte à Madrid, les fours des crématoriums fonctionnent 24 heures sur 24", raconte-t-il. "C’est un moment inédit, poursuit le directeur des services funéraires, du moins nous le vivons ainsi en Espagne. Tout le monde connaît les attentats du 11 septembre, eh bien c’est comme si nous avions un 11 septembre chaque jour."

Une douleur dans un pays qui chérit les anciens

Plus de veillées funèbres, plus question d’accompagner ses proches à l’hôpital pour leurs derniers instants. Une douleur de plus dans un pays qui chérit ses anciens. Les crémations sont interdites, la présence aux inhumations limitées à cinq minutes… Pour accueillir le trop plein de douleur et éviter un déni de deuil, le collège de psychologie de Madrid a instauré, à l’initiative de Javier Barbeu, une ligne téléphonique gratuite où les familles en deuil peuvent solliciter un accompagnement professionnel.

Cette situation a changé notre manière de vivre, elle est aussi en train de changer celle dont nous mourrons.

Alfredo Gonçalves, patron de services funéraires

à franceinfo

Il faut parfois attendre plusieurs jours avant de pouvoir inhumer ses proches. Les corps qui ne trouvent pas de place dans les morgues sont donc accueillis sur la glace de la patinoire olympique devant laquelle les camions réfrigérés poursuivent leur sinistre ballet.

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