VIDEO. "C'est plus qu'une catastrophe" : en Lombardie, épicentre de l'épidémie de coronavirus en Italie, les enterrements se multiplient

OMAR OUAHMANE / GILLES GALLINARO / CYRIL BALTA

À Bergame, les pompes funèbres sont débordées et les enterrements se déroulent en petit comité pour des raisons de sécurité sanitaire.

Il y a désormais plus de morts du coronavirus en Italie qu'en Chine. Dans une rue de Bergame, un corbillard est stationné devant un immeuble d’où sort un cercueil. "On voulait lui organiser des funérailles comme il se doit. Ça faisait 58 ans qu’on était mariés", raconte Pierina Casanova. Cette femme de 83 ans vient de dire au revoir sur le trottoir à son défunt mari.

Dans la région de Lombardie, épicentre de l'épidémie, la situation est catastrophique. La population est totalement confinée et les enterrements se déroulent devant un comité réduit, dix personnes maximum, les plus proches. "J’ai passé la nuit à ses côtés dans la chambre car je ne voulais pas le laisser seul", explique Pierina Casanova. Une mort auprès des siens dans son lit. Loin de l’hôpital où les familles ne peuvent pas accompagner leurs proches dans les derniers instants de leur vie.

"On transporte 100 à 200 corps par jour"

"C'est plus qu'une catastrophe, c'est une guerre", déclare un employé des pompes funèbres de Bergame. Il décrit une situation tragique : "On transporte 100 à 200 corps par jour, ça augmente tout le temps, c’est énorme. Les crématoriums sont débordés. On a besoin de l’aide de tout le monde, même de l’armée".

Débordé comme toutes les pompes funèbres de la région, Marzio Sola regrette que les enterrements se déroulent en catimini : "C’est inhumain. Dans le sens où il n’y a aucun rapport direct avec la famille, tout se fait par téléphone ou mail". Cette déshumanisation des contacts sociaux s’ajoute à la souffrance d'avoir perdu un proche. 

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