VIDEO. "Ç'a été un miracle" : dans cet Ehpad, les dons en matériel sont arrivés quand le dernier carton de blouses se vidait

"Trouver du matériel pour protéger les équipes et du renfort pour assurer les soins des résidents" : telle était l'urgence dans l'Ehpad de Cornimont, dans les Vosges, lorsque l'épidémie de coronavirus s'est déclenchée. Mais comment faire quand les pouvoirs publics ne répondent pas aux appels à l'aide ? "On était en situation de panique", témoigne la directrice de l'établissement dans cet extrait d'"Envoyé spécial".

Ses pensionnaires ont été décimés par le coronavirus. Sur les 115 résidents de cet Ehpad des Vosges, 25 ont été emportés en une dizaine de jours. Les responsables du Couarôge, à Cornimont, ont ouvert les portes de l'établissement à "Envoyé spécial" pour faire comprendre l'étendue de la catastrophe qu'ils ont vécue.

Des pouvoirs publics aux abonnés absents

Quand s'est déclenchée l'épidémie en France, Sophie Vinel, la directrice, s'est tout de suite attendue à des décès dans son établissement. Pour tenter d'obtenir des renforts en personnel, elle a aussitôt alerté les pouvoirs publics : l'Agence régionale de santé, la préfecture et le Département. En vain.

Elle affirme avoir relancé l'ARS au téléphone pendant plusieurs jours, sans résultat. Les équipes, extrêmement mobilisées, n'ont pu compter que sur elles-mêmes durant une longue semaine, avant de recevoir enfin des renforts extérieurs.

"Comment annoncer aux équipes qu'on n'a plus de blouses ?"

Même dénuement en ce qui concerne le matériel médical indispensable pour les pensionnaires comme pour le personnel. Consciente de l'urgence de "protéger les équipes, protéger les résidents, éviter que la situation s'aggrave", la directrice s'est mise "en mode combat", raconte-t-elle.

Extracteurs d'oxygène, perfusions, "on a vraiment galéré pour trouver tout ça", explique-t-elle. Comment faire quand le délai de livraison annoncé par les fournisseurs est de deux mois ? Et quand on voit se vider le dernier carton, "comment annoncer aux équipes qu'on n'a plus de blouses ?" se demande une cadre de l'établissement. "On était en situation de panique."

Des charlottes envoyées par un parc d'aventure

Et puis, miracle... il y a eu les dons. Des charlottes envoyées par un parc d'aventure (les visiteurs en mettent une avant d'enfiler un casque), du gel hydroalcoolique fabriqué spécialement par une pharmacie voisine, des combinaisons de peintre, de menuisier, d'autres offertes par une entreprise locale de désamiantage... 

Extrait de "Ehpad, tragédie à huis clos", une enquête à voir dans "Envoyé spécial" le 9 avril 2020.

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